En réaction à l'enlèvement brutal et au traitement inhumain infligé à Maître Mohamed Traoré, avocat au Barreau de Guinée, la corporation des avocats a adopté, ce lundi, une série de mesures fortes, à l'issue d'une assemblée générale exceptionnelle tenue à Conakry.
Dans un climat marqué par une inquiétante dérive autoritaire et une multiplication d'atteintes aux droits fondamentaux, le Barreau a décidé de s'organiser pour faire face, exiger justice et défendre les principes de l'État de droit.
Les trois mesures phares annoncées sont :
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
1. Boycott de deux semaines : Les avocats guinéens suspendront leur participation aux audiences dans toutes les juridictions du pays, ainsi qu'à toute convocation devant les services de police judiciaire, à partir de demain ;
2. Retrait institutionnel : Le Barreau a également décidé de retirer tous ses représentants dans les instances de la transition, ainsi que dans les différentes commissions mises en place par les autorités de la transition ;
3. Action judiciaire et commission de suivi : Une action judiciaire sera lancée contre les auteurs et commanditaires de l'enlèvement de Me Traoré. Parallèlement, une commission sera mise en place pour assurer le suivi rigoureux de la procédure.
Ultimatum clair à la transition
Ces mesures pourraient être durcies si, au terme des deux semaines de boycott, aucune action concrète n'est engagée pour faire la lumière sur l'affaire Me Traoré et pour restaurer l'autorité de la justice. Une nouvelle assemblée générale sera convoquée à cette échéance pour évaluer la situation et, le cas échéant, décider de la poursuite du boycott jusqu'à nouvel ordre.
À travers cette mobilisation sans précédent, les avocats guinéens entendent non seulement protéger l'un des leurs, mais aussi défendre l'intégrité de la profession et rappeler aux autorités que la justice ne saurait être piétinée impunément.
