Madagascar: Les courses d'endurance du bac mettent en exergue les carences alimentaires des jeunes

À Madagascar, les épreuves d'éducation physique et sportive du baccalauréat se poursuivent dans tout le pays. Les épreuves d'endurance, anodines dans certains pays, sont redoutées sur l'île par les candidats et leurs familles. D'une part, les difficultés économiques actuelles sont loin de favoriser une pratique sportive régulière. De plus, la hausse continue du coût de l'alimentation - riz, viande, huile - et les difficultés économiques générales pèsent de plus en plus sur la bonne performance des élèves, requise pour obtenir leur précieux ticket vers le monde du travail ou les études supérieures. Reportage au centre d'examen Saint Michel, à Antananarivo.

C'est le top départ pour 800 mètres de course de fond. Aux abords du terrain, une ambulance est postée. Le stress se lit sur le visage d'une centaine de parents venus soutenir leurs enfants.

Fleurina reprend son souffle. « Au bout d'un tour et demi, j'ai commencé à avoir du mal », lâche-t-elle avec peine. La lycéenne de 17 ans a travaillé comme elle le pouvait son endurance, avec toutes les limites d'une alimentation de qualité dans le contexte actuel. « À partir du troisième mois avant le bac, j'ai commencé à aller tout le temps à pied, y compris à l'école, explique-t-elle. Mais je trouve ça toujours dur. En plus, il y a des moments où c'est la galère. Par exemple, comme je suis la grande soeur, à la maison, s'il n'y a pas assez de riz, eh bien, je me sacrifie un peu. Comme ça, ma soeur en mange plus ».

« Certains s'évanouissent et sont déclarés tout simplement inaptes »

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Ce matin-là, seule une poignée de candidats ont eu le luxe de se préparer depuis plusieurs mois pour viser la meilleure note possible. Mais les examinateurs sont formels : le niveau baisse d'année en année, touchant d'abord les profils les plus touchés par les rationnements alimentaires et une santé générale fragilisée.

C'est ce que remarque Benja Rakotondranaivo, chef du centre d'examen Saint Michel, à Antananarivo : « Depuis 15 jours, on voit clairement dans tout Madagascar des candidats malnutris, qui arrivent sans même avoir pu manger le matin de l'épreuve. Certains s'évanouissent et sont déclarés tout simplement inaptes. Cette année, particulièrement, on voit d'ailleurs une baisse du niveau général pour l'épreuve. »

Actuellement, le barème de notation a été révisé à la baisse en vue d'adapter l'épreuve obligatoire au contexte socio-économique tendu.

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