Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a procédé, c e 24 juin 2025, à la présentation en ligne de son rapport pays 2025 consacré au Sénégal. Placée sous le thème « Tirer le meilleur parti du capital du Sénégal pour favoriser son dé veloppement », la publication de ce rapport s’inscrit dans le cadre de l’édition annuelle des rapports économiques continentaux de la BAD, déclinés pour chacun des 54 pays membres régionaux.
La rencontre a réuni une vingtaine de participants, dont Dr Alassane Diabaté, économiste à la BAD, Julien Comlan Agbessi , coordinateur régional du Réseau des plateformes d’ONG d’Afrique de l’Ouest, et Thomas Pauly, adjoint au service économique de l’ambassade de France au Sénégal.
Le rapport a été présenté par le Dr Diabaté, qui a structuré son intervention en trois parties à savoir, l’analyse des performances macroéconomiques récentes, les options pour stimuler la mobilisation du capital naturel, et le rôle crucial des institutions, de la gouvernance économique et de l’État de droit.
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Selon les données livrées par le Dr Diabaté, le Sénégal affiche en 2024 un taux de croissance du PIB de 6,9 %, contre 4,3 % en 2023. Cette performance est portée par un essor remarquable du secteur secondaire, avec une hausse de 160 % dans la production pétrolière, entraînant une croissance de 13,7 % de ce secteur. La consommation finale et les exportations ont également contribué à cette dynamique. L’inflation reste contenue à 0,8 %, mais les déséquilibres persistent, avec un déficit budgétaire estimé à 11,3 %, une dette publique atteignant 99,67 % du PIB et un solde courant de -13,9 %.
Le rapport prévoit néanmoins des perspe ctives économiques favorables comme une croissance de 10,3 % en 2025 et de 7,1 % en 2026, une inflation modérée autour de 2 %, ainsi qu’un recul progressif des déficits budgétaire et courant. Toutefois, Dr Diabaté a insisté sur les vulnérabilités persistantes, notamment l’exposition aux chocs extérieurs liés aux prix de l’énergie et à la contraction de l’économie mondiale, ainsi que les défis internes comme l’accès aux financements ou les effets du changement climatique.
Outre l’analyse macroéconomique, le rapport met en avant le potentiel du Sénégal à valoriser davantage ses ressources nationales. Le pays dispose de leviers stratégiques comme son capital énergétique, avec un code pétrolier adopté en 2019, et sa position géographique privilégiée au sein de l’espace régional. Le développement du capital humain reste une priorité, notamment à travers la formation professionnelle, l’intégration des femmes et des jeunes dans le tissu économique, et l’accueil de nombreuses nationalités qui favorise la mobilité humaine.
Le rapport formule plusieurs recommandations pour permettre au Sénégal de mieux exploiter son potentiel. Parmi elles figurent la restauration de la crédibilité de l’État par une meilleure transparence budgétaire, la sélectivité des investissements publics pour générer de la valeur ajoutée et de l’emploi, l’amélioration de l’accès au financement pour les PME, et la mobilisation des transferts de la diaspora. Il recommande également un renforcement de la gouvernance, notamment en garantissant l’indépendance de la justice, en publiant systématiquement les rapports de la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et en impliquant davantage la société civile.
Dans son mot de clôture, Marcellin Ndong , économiste à la BAD, a salué l’interaction riche entre les participants. Il a rappelé que dans un contexte mondial marqué par la baisse de l’aide publique au développement, les pays africains doivent désormais miser sur leurs propres ressources pour bâtir une croissance soutenue. En d’autres termes, pour faire face aux incertitudes du contexte mondial et répondre aux défis sociaux persistants, le Sénégal doit miser sur ses propres forces, humaines, naturelles, financières et institutionnelles, afin de bâtir un développement inclusif et durable