Kenya: La commémoration du soulèvement contre la loi de finances vire à la violence

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants anti-gouvernementaux sur l'avenue Moi à Mombasa.

Au Kenya, la jeunesse s'est mobilisée massivement ce matin, lundi 23 juin 2025, pour commémorer le premier anniversaire de la prise du Parlement. Cet événement avait été le point d'orgue de semaines de mobilisation de la Gen Z - la Génération Z - contre une loi de finances très contestée. La répression policière avait fait plus de 60 morts. C'est à eux que la mobilisation d'aujourd'hui est dédiée, ainsi qu'à toutes les victimes de violences policières.

Tôt dans la matinée, des milliers de manifestants convergent vers le centre de Nairobi. Habillés en noir, signe de deuil, ils arborent des drapeaux kényans. Parmi eux, Janet Mburu, 32 ans, comptable, n'a pas hésité à venir.

« C'est à cause du sang que je manifeste. On ne peut laisser tuer les gens comme s'ils étaient des mouches. Des personnes continuent de disparaître. Regardez l'affaire Albert Ojwang. Il est arrêté par la police et tout d'un coup, il est mort. Ils essaient de nous tuer ! »

Rapidement la tension monte entre les manifestants et la police

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La situation se tend rapidement entre manifestants et forces de l'ordre. La police finit par tirer des gaz lacrymogènes. Dans une rue adjacente, Oumar, manifestant, reprend ses esprits : « La police provoque. On manifestait pacifiquement et elle tire des gaz lacrymogènes sur nous. Sans aucune raison. On demande aux policiers d'arrêter. C'est injuste. Ils doivent se rappeler qu'ils sont Kényans et qu'on se bat aussi pour eux, ou du moins pour leurs enfants ».

À une centaine de kilomètres à l'est de Nairobi, deux personnes ont été tuées par balles, a déclaré à l'AFP le responsable d'un hôpital du comté de Machakos.

« Nous voulons que la vie humaine ait de la valeur »

Parmi les manifestants figure David Maraga, ancien président de la Cour suprême et futur candidat à la présidentielle de 2027. Il déplore la violence. « C'est extrêmement malheureux. Je ne vois ici que de l'enthousiasme. Je ne vois aucune violence. Ces gens sont pacifiques. Et c'est pour ça que je me joins à cette manifestation. Nous voulons que la Constitution soit respectée, que la vie humaine ait de la valeur. C'est tout ».

Dans les rues, un slogan revient : « One term » - un seul mandat. C'est tout le bien que les manifestants souhaitent au président William Ruto.

Ce matin, l'Autorité des communications du Kenya a interdit la couverture en direct des manifestations. Dans un communiqué, elle demande aux télévisions et radios de mettre un terme à leurs diffusions, sans quoi elle se réserve le droit de prendre des sanctions.

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