Au Congo-Brazzaville, à Vindoulou, quartier périphérique de Pointe-Noire, l'inquiétude ne faiblit pas. Un an après la suspension des activités de l'usine Metssa Congo, les riverains affirment n'avoir reçu aucune aide médicale, alors qu'ils se savent contaminés au plomb. L'entreprise de recyclage de batteries avait été sommée de cesser ses opérations en juin 2024, après des années de mobilisation des habitants. Aujourd'hui, ils disent se sentir « abandonnés ».
Metssa Congo, filiale d'un groupe basé à Dubaï, recyclait des batteries automobiles usagées à Vindoulou depuis 2013. En 2023, 18 personnes - dont des enfants - ont vu leur sang analysé avec l'appui d'Amnesty International. Les taux de plomb relevés dépassaient jusqu'à 14 fois le seuil d'alerte fixé par l'OMS. En juin 2024, l'usine a été suspendue par les autorités congolaises pour « risque avéré pour la santé humaine et l'environnement ».
Un an après les faits, Cyrille Traoré Ndembi, président du collectif des riverains de la société Metssa Congo, déplore l'inaction des autorités et de l'entreprise. Il est interrogé par Amélie Tulet, de la rédaction Afrique de RFI.
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« C'est la responsabilité de la société Metssa du Congo qui, du fait de ses activités, nous a rendus malades ! témoigne-t-il. Ce sont eux qui devraient prendre en charge le dépistage et naturellement le traitement. Ils ne peuvent le faire que si, et seulement si, les pouvoirs publics pouvaient les contraindre à le faire ».
« Parce que jusque-là, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Rien ne se fait ! s'indigne-t-il. Nous n'avons aucune nouvelle. Même, on ne sait pas ce qu'ils sont devenus. Ils ne sont jamais venus vers nous et nous ne savons pas où les trouver non plus ».
« Nous savons que nous sommes empoisonnés »
« Et nous, nous savons que nous sommes empoisonnés ! Ce qui est très alarmant, très inquiétant, alerte-t-il. Nous savons que le sol est pollué à un point tel que nous craignons pour notre santé dès lors que nous buvons l'eau du forage ».
« Et il ne faudrait pas qu'on attende qu'il y ait un nombre important de morts pour qu'effectivement, on se réveille, met-il en garde. Il faut qu'on se saisisse de ce dossier-là pour que les dépistages se poursuivent et que la prise en charge des personnes dépistées positives pour un traitement contre le saturnisme puisse avoir bel et bien lieu », conclut-il.