Afrique de l'Ouest: La BRVM envisage de passer au règlement en temps réel dans le cadre d'une réforme majeure du marché

TLDR

  • La BRVM évalue la possibilité de passer du cycle actuel de règlement-livraison de titres T+3 à T+0, ou règlement le jour même.
  • La réforme permettrait aux investisseurs d'accéder à des liquidités ou à des titres immédiatement après une transaction, ce qui augmenterait la liquidité et réduirait le risque de contrepartie.
  • Toutefois, cela nécessiterait également d'importantes mises à niveau de l'infrastructure, des systèmes de paiement en temps réel et de la coordination entre les banques, les courtiers et les dépositaires.

Le Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR), qui assure le règlement du marché boursier BRVM de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), évalue la possibilité de passer du cycle actuel de règlement des titres T+3 à T+0, soit un règlement le jour même. Il s'agirait d'une réforme majeure de l'infrastructure financière de la région.

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La réforme permettrait aux investisseurs d'accéder aux liquidités ou aux titres immédiatement après une transaction, ce qui augmenterait la liquidité et réduirait le risque de contrepartie. Toutefois, elle nécessiterait également d'importantes mises à niveau des infrastructures, des systèmes de paiement en temps réel et de la coordination entre les banques, les courtiers et les dépositaires.

"Ce que nous gagnons en rapidité, nous devons aussi le garantir en sécurité", note un professionnel du marché basé à Abidjan, cité par l'Agence Ecofin, reflétant l'équilibre que l'UEMOA doit trouver entre l'ambition et l'aspect pratique.

Key Takeaways

La volonté d'accélérer les cycles de règlement des différends commerciaux s'inscrit dans une tendance mondiale. Les États-Unis sont officiellement passés à T+1 en mai 2024, et l'Europe et le Royaume-Uni devraient suivre d'ici 2027. Certaines transactions indiennes sont déjà exécutées à T+0. Pour les marchés émergents comme l'UEMOA, rester à T+3 risque de réduire la compétitivité et de décourager la participation des investisseurs.

Mais le passage direct à T+0 n'est pas sans risque. Les experts avertissent que les horaires bancaires rigides, la connectivité en temps réel limitée et les systèmes de règlement manuels constituent des obstacles majeurs dans les marchés en développement. L'écosystème de la BRVM, qui repose encore en partie sur des processus papier, aura besoin de réformes structurelles, de mises à jour réglementaires et d'une formation technique intensive.

Malgré ces défis, les parties prenantes sont optimistes quant aux avantages à long terme, notamment l'augmentation du volume des transactions et le renforcement de la confiance des investisseurs étrangers. La plupart des experts suggèrent qu'un passage progressif - de T+3 à T+2, puis à T+1, et enfin à T+0 - est une voie plus praticable pour l'UEMOA.

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