Cameroun: Vacances ministérielles - Un pouvoir exécutif affaibli sous Biya ?

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La vacance prolongée de plusieurs postes ministériels au Cameroun soulève des interrogations cruciales sur la capacité de gouvernance du président Paul Biya. Au moins quatre portefeuilles restent sans titulaire suite à des décès ou démissions, sans nomination de remplaçants par l'Élysée camerounaise. Cette inertie nourrit un débat national sur l'affaiblissement du pouvoir exécutif camerounais à l'heure où le pays affronte des défis sécuritaires et économiques majeurs.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement camerounais fonctionne avec des postes clés vacants. Parmi eux, ceux laissés par des ministres décédés en exercice ou ayant démissionné pour se lancer dans la course présidentielle. L'absence de nominations rapides, traditionnellement orchestrées par décrets présidentiels, contraste avec les besoins urgents de gestion des dossiers nationaux. Ce vide institutionnel interroge la vitalité du régime politique en place après 42 ans de pouvoir continu.

Le président Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis 1982, voit sa longévité au sommet de l'État régulièrement questionnée. Les observateurs notent que cette paralysie décisionnelle survient dans un contexte de raréfaction de ses apparitions publiques. Comment justifier qu'un chef de l'État, censé incarner la stabilité, ne pourvoie pas des postes stratégiques pour la gestion du Cameroun ? Cette inertie alimente les critiques sur un système hyper-centralisé où toute décision majeure dépend d'un seul homme.

Les conséquences sont palpables : retards dans l'adoption de réformes économiques, blocages administratifs dans des ministères orphelins, et affaiblissement de la représentation diplomatique. Des secteurs vitaux comme la santé ou l'éducation subissent les contrecoups de cette gestion erratique. L'opposition et la société civile dénoncent un dysfonctionnement institutionnel qui compromet l'efficacité de l'État.

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Cette situation inédite relance le débat sur l'avenir politique camerounais à l'approche de l'élection présidentielle de 2025. Elle expose la vulnérabilité d'un système reposant exclusivement sur une figure présidentielle vieillissante. La question n'est plus seulement idéologique mais opérationnelle : un pays peut-il être dirigé sans un exécutif complet et réactif ?

Le silence du palais d'Etoudi face à ces vacances ministérielles semble confirmer les craintes d'une déliquescence du pouvoir. Alors que le Cameroun traverse des crises multiples, cette immobilité symbolise un régime en bout de course, incapable d'assurer les fonctions élémentaires de souveraineté.

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