« Transformer l’Afrique de l’intérieur : les impératifs d’institutions financières multilatérales africaines plus fortes ». C’est autour de cette thématique que se poursuivent, à Abuja, les travaux de la deuxième journée des Assemblées Annuelles de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Un rendez-vous qui réunit de nombreux dirigeants du continent et d’ailleurs, déterminés à bâtir une architecture financière africaine plus solide et mieux adaptée aux besoins du développement.
Parmi les interventions les plus remarquées de la journée, celle de Mme Milagrosa Obono Angüe, Ministre déléguée auprès du ministre des Finances, chargée du Trésor et du Patrimoine de l’État de la Guinée équatoriale.
Prenant part au panel d’ouverture consacré à la construction d’une architecture financière africaine cohérente, la ministre a plaidé pour le renforcement des institutions financières du continent et a mis en avant les avancées enregistrées par son pays et par l’Afrique centrale dans ce domaine.
À travers son intervention, elle a rappelé l’importance pour les États africains de s’appuyer sur des mécanismes financiers robustes et harmonisés, indispensables pour soutenir durablement la croissance et la transformation du continent. Selon elle, il est urgent de « bâtir un marché monétaire commun, basé sur des critères clairs permettant une réelle harmonisation économique ».
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Mme Obono Angüe a également mis l’accent sur la question des devises, en posant la problématique d’une monnaie unique africaine.
« Lorsque nous parlons de la construction d’une architecture financière africaine cohérente, quelle devise envisageons-nous de mettre en avant ? », s’est-elle interrogée.
Pour illustrer ses propos, elle a pris l’exemple des États-Unis, où l’existence d’une seule monnaie, le dollar, facilite les échanges et les politiques économiques. L’Afrique, quant à elle, reste confrontée à la coexistence de multiples monnaies nationales qui freinent son intégration économique.
Pour la ministre équato-guinéenne, seule une réelle volonté politique permettra d’avancer vers l’instauration d’une monnaie unique et d’une architecture financière cohérente.
Notons qu’elle a insisté sur la nécessité pour les gouvernements africains de s’inspirer des réussites internationales, notamment en matière de politique monétaire, de digitalisation et d’infrastructures. Selon elle, ces éléments sont essentiels pour créer un écosystème africain solide et attractif pour les investissements.
Par ailleurs, les Trésors publics africains doivent poursuivre et renforcer leurs réformes institutionnelles, condition indispensable à la mise en place d’une architecture financière continentale cohérente et efficace.
Les propos de Mme Obono Angüe ont trouvé un écho favorable auprès des autres panélistes, notamment l’honorable John Panonetsa Mangudya, président-directeur général du Mutapa Investment Fund et ancien gouverneur de la Banque de réserve du Zimbabwe, ainsi que l’honorable Badr Ahmed Mohamed Abdelatty, ministre des Affaires étrangères de la République arabe d’Égypte.
Tous ont souligné que la réussite de cette ambition passe avant tout par une volonté politique affirmée et la mise en place d’un cadre juridique et économique adapté et cohérent.
Il faut surtout dire que ce panel a mis en avant l’urgence de mobiliser des ressources économiques pour le développement de l’Afrique et le libre-échange monétaire des activités continentales.