Je me désole parfois de voir certains, notamment chez nous ici au Burkina, bardés de diplômes (Bac, licence, master ou doctorat) qui, malheureusement, ne savent rien faire de leurs dix doigts.
Même quand ils veulent rafistoler leur chemise défaite, ils font appel à autrui, moyennant bien sûr quelques sous. Il en est de même lorsque leurs toilettes présentent des problèmes de plomberie. Ils ne savent rien faire, si ce n'est passer le temps à théoriser. Et Dieu seul sait s'ils sont nombreux dans notre pays. A qui la faute ? Aux parents? Ou au système scolaire ? Tous les deux, ai-je envie de répondre. Je commence d'abord par pointer un doigt accusateur sur les parents qui, durant la période de longues vacances, peuvent mettre un point d'honneur à occuper sainement leurs enfants.
Ils peuvent, par exemple, les inscrire dans certains centres de formation où ils peuvent apprendre un métier. Mais au lieu de cela, certains préfèrent laisser leurs enfants passer leur temps à regarder la télé pour ne pas dire, à fainéanter. Toute chose que je trouve fort regrettable, surtout quand on sait que l'enfance est l'âge, par excellence, pour apprendre. A cet âge, on assimile très vite et très facilement mieux qu'à l'âge adulte. Cela dit, je ne saurais absoudre à bons comptes notre système scolaire qui, à mon avis, mérite d'être revu de fond en comble.
En effet, ce système est fait de sorte qu'il ne met pas l'accent sur ce que sait faire un apprenant de ses dix doigts. L'accent est mis plutôt sur les diplômes. C'est ce qui explique que beaucoup d'entre nous, ne savent rien faire de leurs dix doigts que Dieu leur a donnés. Ce qui est tout à fait le contraire d'un pays voisin comme le Ghana, pour ne pas le nommer, où chacun ou presque, a appris un métier.
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Je félicite les établissements scolaires privés qui allient théorie et pratique
J'oublie volontiers un pays comme les Etats-Unis où apprendre un métier, passe pour être une obligation pour les uns et les autres. Et ceux qui n'en ont pas appris, en prennent pour leur grade. Car, il faudra souvent débourser de fortes sommes d'argent pour s'attacher les services de quelqu'un qui exerce un métier.
Pour ma part, je pense qu'il est temps que les choses changent. C'est en cela que je félicite, au passage, les établissements scolaires privés qui allient théorie et pratique. Je parle de ces écoles qui, en plus de l'enseignement général, apprennent la couture et la cuisine, par exemple, aux élèves. Je connais d'ailleurs des élèves qui, pour une raison ou pour une autre, ont raccroché, mais à qui la formation en couture ou en cuisine qu'ils ont acquise, est d'une très grande utilité dans leur vie.
Pourquoi donc ne pas revoir les curricula afin d'y insérer certaines formations pratiques ? Je pense, par exemple, à la formation en conduite qui, à mon avis, pourrait commencer à partir de la classe de 2nde ou 1re. Ainsi, chaque élève, avant de passer son baccalauréat, aura un permis de conduire. C'est la Nation, à mon avis, qui y gagne dans la mesure où cela pourrait contribuer à minimiser les risques d'accidents de la circulation. Je pense aussi à un métier comme la plomberie que l'on peut apprendre aux élèves à partir de la 6e, de sorte à permettre à chacun d'être utile à soi-même et ou à son entourage.
Au lieu de cela, on passe le temps à enseigner aux enfants, ce qui s'est passé en Europe ou en Asie il y a plusieurs siècles en arrière. Certes, pour la culture générale, ce n'est pas mauvais en soi. Mais je pense que le plus utile, pour nos enfants, c'est pouvoir disposer de plusieurs cordes à leur arc, comme sait si bien le faire le petit Ghanéen, même quand il a réussi à l'école.