Le Cameroun traverse un tournant historique alors que des démissions en cascade au sein du RDPC révèlent l'effondrement d'un système politique bâti sur le culte de la personnalité. Des figures comme Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma ont ouvert les yeux, quittant un navire où Paul Biya n'est plus politiquement présent. Leur départ n'est pas une trahison, mais une lucide reconnaissance que le mirage d'un président virtuel ne peut porter la prochaine élection présidentielle.
Pendant quatre décennies, l'État s'est structuré autour d'un seul nom et d'une seule image : Paul Biya. Cette personnalisation extrême du pouvoir, héritée de l'ère Ahidjo, est devenue la faiblesse mortelle du régime. La délégation de signature a maintenu une administration chaotique, mais la politique exige une présence réelle. Les émissaires de Biya, incapables de négocier ou de construire des alliances, révèlent la faillite d'une photocratie à bout de souffle.
L'histoire africaine récente offre des avertissements glaçants. Le Congo post-Mobutu et la Côte d'Ivoire post-Houphouët ont sombré dans le chaos quand l'individu a supplanté les institutions. Le Cameroun reproduit ce schéma dangereux : le RDPC ne fonctionne plus, tout ayant été concentré entre les mains d'un seul homme. La machine est grippée, et l'aveu est désormais public : Paul Biya n'est plus avec vous.
Les démissions ne sont pas régionales, mais systémiques. Elles signalent l'effondrement de l'équation d'un pouvoir sans acteur vivant. La question centrale devient : les institutions camerounaises pourront-elles organiser l'élection de 2025 sans l'ombre de Biya ? Pourront-elles garantir des débats libres, des campagnes équitables et le respect des votes ?
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Le défi historique est clair : reconstruire des institutions plus fortes que les individus. L'ère du leadership désincarné doit laisser place à une nouvelle gouvernance. Le Cameroun se trouve à un carrefour où la priorisation des mécanismes démocratiques sur les personnalités déterminera sa stabilité future.