Ethiopie: Le pays s'ouvre aux banques étrangères pour la première fois depuis 50 ans

 

  • La banque centrale éthiopienne a officiellement ouvert le secteur bancaire du pays à la participation étrangère, marquant ainsi un changement de politique historique après cinq décennies de protectionnisme financier.
  • La nouvelle directive, publiée par la Banque nationale d'Éthiopie (NBE) le 25 juin, permet aux banques et aux investisseurs étrangers de demander des licences.
  • Cette mesure fait suite à la ratification, en décembre 2024, d'une nouvelle loi bancaire et s'inscrit dans le cadre plus large du programme de libéralisation économique de l'Éthiopie.

La banque centrale éthiopienne a officiellement ouvert le secteur bancaire du pays à la participation étrangère, marquant ainsi un changement historique de politique après cinq décennies de protectionnisme financier. La nouvelle directive, publiée par la Banque nationale d'Éthiopie (NBE) le 25 juin, permet aux banques et aux investisseurs étrangers de demander des licences pour exploiter des filiales, ouvrir des succursales ou prendre des participations dans des banques locales.

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Cette mesure fait suite à la ratification, en décembre 2024, d'une nouvelle loi bancaire et s'inscrit dans le cadre plus large du programme de libéralisation économique de l'Éthiopie. La NBE autorisera désormais jusqu'à cinq licences de banques étrangères au cours des cinq prochaines années. La participation étrangère individuelle dans les banques locales est plafonnée à 30 %, la participation étrangère totale étant limitée à 40 %.

C'est la première fois que l'Éthiopie ouvre officiellement son système financier depuis sa nationalisation sous le régime du Derg en 1974. Le pays, qui compte plus de 128 millions d'habitants et qui est la plus grande économie d'Afrique de l'Est en termes de PIB, a longtemps eu l'un des secteurs bancaires les plus fermés du continent.

Key Takeaways

La libéralisation du secteur bancaire éthiopien est une étape importante dans le processus de réforme du pays et intervient à un moment critique. Le gouvernement est engagé dans des négociations sur la restructuration de la dette et a récemment signé un accord de 3,4 milliards de dollars avec le FMI. L'ouverture du système bancaire devrait attirer des capitaux étrangers, stimuler l'inclusion financière et moderniser un secteur encore dominé par des institutions publiques.

La directive de la NBE crée de multiples points d'entrée pour les acteurs internationaux - filiales, succursales ou bureaux de représentation - et place ces derniers sous une supervision formelle pour la première fois. Ces changements sont susceptibles d'attirer les banques des centres financiers régionaux et mondiaux. Le groupe KCB du Kenya et la Standard Bank d'Afrique du Sud ont déjà exprimé leur intérêt à entrer sur le marché.

Les analystes estiment que la réforme pourrait accélérer l'accès au crédit, le transfert de technologie et l'innovation bancaire, en particulier dans les segments mal desservis. Avec un taux de pénétration de la téléphonie mobile élevé et une adoption croissante du numérique, l'Éthiopie présente une frontière attrayante pour les services bancaires basés sur la fintech.

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