Aux Comores, à l'approche des cinquante ans de l'indépendance, un collectif baptisé « Mawadja » (Les héros de l'indépendance) veut réhabiliter la mémoire des oubliés de l'histoire. Dans une conférence de presse tenue, cette semaine, à Mitsamiouli, ils ont annoncé l'objectif de leur démarche : rappeler que cette indépendance n'est pas l'oeuvre d'un seul homme, mais d'une multitude d'acteurs. Si Ahmed Abdallah est reconnu comme « père » de l'indépendance, le collectif plaide pour une mémoire élargie.
Deux temps forts sont prévus à Mitsamiouli. Tout d'abord, un colloque, ce dimanche 29 juin, avec historiens, témoins et société civile puis, une fête populaire avec les écoles, le 3 juillet.
Pour Mohamed Bacar, président du collectif « Mawadja », il s'agit d'un combat pour la transmission : « Ces luttes ont été menées et conduites par des partis, par des mouvements, par des hommes et par des femmes, sauf que, dans l'enseignement, on s'aperçoit que notre histoire nationale - peu importe les périodes - est méconnue. Elle est absente. Il y aura les actes du colloque, nous allons les publier avec des séquences didactiques, pédagogiques pour faire un travail de vulgarisation. »
Mettre en avant les acteurs relégués dans les marges
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Cinquante ans après, la figure d'Ahmed Abdallah domine encore la mémoire de l'indépendance. Le collectif « Mawadja » veut remettre en avant les acteurs relégués dans les marges du récit national à savoir le Mouvement de libération des Comores, les partis progressistes ainsi que le rôle des militants, également.
Pour Chafiat Achiraffi, marraine du collectif, il est nécessaire de poursuivre ce travail : « Tout le monde essaie de se demander pourquoi l'indépendance ? Qu'est-ce que ça nous a amené ? Et quand je leur dis que, moi, je suis Comorienne parce qu'il y a eu l'indépendance, ce n'est pas rien. Le Mawadja ne va pas s'arrêter là. Il va continuer, petit à petit, avec les moyens du bord, à creuser et savoir où trouver les vraies informations jusqu'à sortir de vrais livres sur l'indépendance des Comores. »
Relier les générations pour transmettre un récit vivant de la mémoire nationale, c'est l'objectif de ce travail citoyen.
