Ile Maurice: Le cordonnier, un métier qui disparaît

Chaque dimanche, Eski to ti kone ? vous propose un retour dans le passé pour découvrir des métiers, des objets ou des traditions qui faisaient autrefois partie intégrante de notre quotidien. Cette semaine, nous nous sommes rendus dans les rues de Port-Louis, à la rencontre d'un métier en voie de disparition : celui de cordonnier.

Autrefois essentiel, le cordonnier réparait les chaussures usées, recousait les sacs d'école, changeait les semelles, redonnait vie à des objets qu'on ne pouvait pas se permettre de remplacer. Aujourd'hui, ce savoir-faire artisanal se perd.

Nous avons rencontré Monsieur Ivan, cordonnier depuis sept ans, qui travaille non pas dans un atelier, mais sur un bout de trottoir de la capitale. Installé à l'ombre, avec quelques outils, il redonne vie à des chaussures abandonnées. «Mo pe fer sa travay-la depi 7 an. Me li vinn plis difisil. Zenn pa interese. Zot pa pou rod trap soulie sal», nous dit-il. Il constate également que les clients se font plus rares : «Avan, dimounn pa ti ena mwayin aste soulie tou le mwa. Zot ti repare. Aster, soulier kase, dimounn zete mem.»

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Sur le chemin, nous croisons une dame pressée, en route vers son travail. Sa sandalette s'est cassée. Elle achète une nouvelle paire, mais ne s'y sent pas à l'aise. En passant devant Monsieur Ivan, elle décide de faire recoudre sa vieille sandale. «Mo pa ti konfortab dan savat-la. Rezman, mo finn trouv li. Kordonie pena mem aster.»

Les témoignages se suivent. Des passants se rappellent de cette époque où se rendre chez le cordonnier faisait partie du quotidien : «Kan sak lekol kase, nou ti al fer koud. Aster, pa gagn sa bann dimounn-la mem.» Le métier de cordonnier, autrefois courant à chaque coin de rue, devient invisible. Peu de jeunes souhaitent le reprendre, préférant des emplois «propres» et plus modernes.

Pourtant, dans une société qui parle de plus en plus d'économie circulaire et de réduction des déchets, ce métier manuel pourrait retrouver son importance.

Ne manquez pas cette vidéo, disponible dès aujourd'hui sur la page Facebook de l'express.mu.

Eski to ti kone ?, c'est chaque dimanche, pour redonner la parole à ces métiers et histoires oubliés.

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