La multiplication des conflits, au Proche et Moyen Orient, mais aussi en Ukraine, risque d'éclipser encore davantage les crises en Afrique.
"Dans une situation où l'attention de la politique étrangère et les ressources pour la coopération humanitaire et au développement diminuent, de nombreux pays d'Afrique craignent de tomber davantage hors du champ de vision du soutien occidental", explique Henrik Maihack, spécialiste de l'Afrique à la Fondation Friedrich Ebert.
Il craint de fortes répercussions sur la Corne de l'Afrique. L'Iran est notamment lié aux rebelles houthis au Yémen, qui à leur tour coopèrent avec les shebab en Somalie.
Selon Henrik Maihack, la région "traverse la crise la plus profonde depuis près de 30 ans, avec des guerres en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, et il n'y a pas de solution en vue".
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Prix de l'énergie
Plus largement, les analystes prédisent des perturbations potentielles du commerce, une instabilité croissante des marchés et des pressions économiques croissantes.
Selon Romane Dideberg, chercheuse au groupe de réflexion londonien Chatham House, "les turbulences que nous vivons actuellement au Moyen-Orient auront principalement des implications géopolitiques indirectes pour l'Afrique. Les deux pays ont très peu investi sur le continent et n'ont pas vraiment de stratégie africaine comme d'autres acteurs dans la région".
En revanche, les fluctuations des prix de l'énergie, s'ils grimpent en flèche, pourraient impacter les prix des produits et denrées alimentaires qu'importe l'Afrique
Sur le plan diplomatique cette fois, on peut s'interroger sur le rôle de médiateur qu'a joué le Qatar dans différents pays africains ces dernières années, ou plus récemment entre la RDC et le Rwanda, explique Romane Dideberg.
Après l'attaque d'une base aérienne américaine au Qatar par l'Iran, et d'autres éventuelles menaces futures, Doha pourrait revoir ses priorités.
L'Iran en Afrique de l'Ouest
Enfin, on pourrait voir l'Iran se mettre en retrait en Afrique de l'Ouest, alors que Téhéran a beaucoup investi dans le Sahel pour se présenter comme une alternative à des partenaires européens, notamment la France, dont les pouvoirs militaires dans la région se détournent.
"Par exemple, un accord a été conclu avec le Niger, qui porte officiellement sur la coopération énergétique", note Ulf Laessing de la Fondation Konrad Adenauer au Mali. "L'Iran aura désormais moins de capacités et d'argent et se retirera davantage d'Afrique de l'Ouest", prédit l'expert.