La famille de feu Baye Omar Thiaw a élevé la voix ce lundi, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Yoff Layène, pour dénoncer ce qu'elle considère comme une spoliation foncière manifeste au profit de la société EGBOS SA. M. Matar Diène, porte-parole des ayants droit, a exposé en détail les contours d'un contentieux foncier opposant sa famille à ladite société, autour d'une parcelle d'une superficie de 1 hectare 03 ares 72 centiares située à Ouest-Foire.
Selon lui, cette parcelle relève de la propriété coutumière de la famille Thiaw et fait l'objet, depuis 2018, d'une demande de régularisation introduite auprès des services des domaines. Une procédure restée sans suite favorable, au motif que le terrain entrait dans le périmètre d'aménagement concédé à EGBOS SA.
À l'appui de cette décision, la société EGBOS avait justifié ses droits par la signature d'actes de cession avec neuf familles de la localité. Toutefois, M. Diène affirme que la superficie concernée englobait également des terrains appartenant à des familles non signataires, à l'instar de celle de feu Baye Omar Thiaw. Une opposition officielle avait alors été déposée auprès de l'administration domaniale, contestant l'inclusion de cette propriété dans le périmètre du projet.
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« Malgré notre contestation formelle, un rapport de présentation a été établi, affirmant à tort qu'aucune opposition n'avait été enregistrée. Ce document erroné a servi de fondement au décret présidentiel n°2022-1552 du 23 mai 2022, qui a procédé à l'immatriculation des terrains au nom de l'État et à leur attribution par voie de bail à la société EGBOS », déplore le mandataire de la famille.
Le décret en question couvre deux lots, désignés sous les références « ALLS1 » et « ALLS2 », d'une superficie globale excédant 80 000 m². Dans la foulée, la société EGBOS SA aurait entrepris la distribution de 405 parcelles, bien que son autorisation initiale n'en aurait permis que 212, selon les plaignants.
Face à ce qu'elle qualifie de « forfaiture », la famille Thiaw a porté l'affaire devant la Cour suprême. Par arrêt n°43 rendu le 29 avril 2024, la haute juridiction a partiellement annulé le décret présidentiel, reconnaissant explicitement que la portion de terrain revendiquée par la famille entrait dans le domaine de leur possession coutumière. Si l'arrêt ne remet pas en cause l'immatriculation globale, il exclut expressément la superficie de 1 ha 03 ares 72 centiares de l'assiette foncière attribuée à EGBOS.
« Nous avons saisi l'administration domaniale pour obtenir l'exécution de cette décision de justice, ce qui implique l'annulation des quarante-cinq baux irrégulièrement délivrés et la poursuite de notre demande de régularisation », a précisé M. Diène.
La situation a par ailleurs suscité des inquiétudes au sein des notabilités locales. M. Magatte Samb, président du Conseil des notables de Yoff, a tiré la sonnette d'alarme, alertant sur les risques de tensions sociales engendrés par une gestion foncière jugée injuste et non transparente.
En convoquant la presse, les héritiers de feu Baye Omar Thiaw ont voulu alerter l'opinion publique et interpeller les autorités étatiques sur la nécessité de faire respecter l'État de droit. Le contentieux demeure ouvert, et la famille affirme sa détermination à user de tous les moyens légaux pour obtenir réparation et rétablir ses droits sur un terrain transmis de génération en génération.