Le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a participé hier, lundi 30 juin 2025, à la 4éme conférence internationale de Séville en Espagne sur le financement du développement. A cette occasion, il a plaidé pour une réforme de la gouvernance financière mondiale
Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a appelé à une réforme de la gouvernance financière mondiale. Il intervenait hier, lundi 30 juin lors de la 4éme édition de la Conférence internationale de Séville en Espagne sur le financement du développement.
Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur une gouvernance mondiale plus équitable, fondée sur la justice fiscale, un meilleur accès au financement et une priorité donnée à l'humain. Il a ainsi mis en avant quatre axes clés «Premièrement, la réforme de la gouvernance économique et financière mondiale afin de corriger les déséquilibres systémiques hérités du passé, et qui continuent d'entraver nos efforts internes de développement. C'est pourquoi le Sénégal soutient l'appel du Document final de Séville pour une gouvernance économique mondiale plus inclusive, et plus équitable, y compris par une participation plus conséquente des pays du sud dans le processus décisionnel des institutions de Bretton Woods, notamment le FMI et la Banque mondiale », dit-il.
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Deuxièmement, il souligne qu'il est impératif de poursuivre le travail de réforme de la fiscalité internationale pour lutter plus efficacement contre l'évasion fiscale et les flux financiers illicites, renforcer la transparence et s'assurer que l'impôt soit acquitté là où la richesse est créée, c'est-à-dire dans les pays où les compagnies mènent leurs activités et tirent leurs profits. A ce propos, le Président soutient que le Sénégal soutient les négociations en cours pour l'adoption d'une Convention-cadre internationale sur la coopération fiscale.
«Troisièmement, le traitement de la question de la dette mérite une attention particulière. Elle revêt pour nous une priorité élevée en raison de l'impact écrasant du poids de la dette sur nos économies. Le Sénégal appelle à une révision des critères de notation des agences d'évaluation dont les méthodes et les pratiques renchérissent considérablement les conditions d'accès au crédit et de remboursement. Il nous faut convenir de mécanismes de restructuration plus justes, plus diligentes et plus prévisibles, avec des clauses de suspension automatique en cas de choc.
Cette mesure prévue dans la Déclaration de Séville envoie un signal positif qu'il urge de concrétiser au titre de la mobilisation des financements pour le développement », a-t-il ajouté. Pour le quatrième point, Diomaye Faye indique que les programmes de financement doivent obéir aux besoins spécifiques des pays les plus vulnérables, notamment africains, les PMA, les Petits États Insulaires en Développement et des pays à revenu intermédiaire. «Le Sénégal appuie l'appel pour le renforcement des mécanismes de financements privés à travers des instruments innovants, tout en assurant une régulation efficace pour éviter le « greenwashing » ou « écoblanchiment » et garantir un impact réel sur les ODD.
Les pays africains ont également besoin d'accéder à des ressources concessionnelles et mixtes conséquentes pour financer les secteurs indispensables à leur développement, y compris les Droits de Tirage Spéciaux (DTS) dont le système d'allocation devrait être amélioré pour plus d'équité », a-t-il fait remarquer.