Addis-Abeba — L'Afrique doit déployer des instruments de financement innovants, car elle est confrontée à un déficit de financement important de 1 300 milliards de dollars US par an pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Ces ressources pourraient permettre une transition juste, développer les soins de santé et transformer l'éducation.
L'appel urgent a été lancé par Claver Gatete, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), lors de la réunion parallèle de haut niveau de la FfD4 sur la mobilisation de financements pour le développement durable, qui s'est tenue à Séville, en Espagne, le 30 juin 2025.
S'exprimant lors de ce dialogue opportun, consacré aux progrès collectifs et à la réflexion sur un avenir renouvelé pour le financement du développement, M. Gatete a souligné les enjeux cruciaux.
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« Aujourd'hui, les chocs climatiques s'intensifient, les niveaux d'endettement augmentent, le contexte géopolitique est instable et le financement du développement se resserre au moment même où nous en avons le plus besoin », a-t-il noté.
Il a souligné que le déficit de financement mondial des ODD s'élève actuellement à 4 000 milliards de dollars par an, l'Afrique à elle seule représentant un déficit de 1 300 milliards de dollars par an.
La CEA, a-t-il noté, promeut activement des solutions pratiques pour combler ce fossé, en définissant plusieurs actions prioritaires. Parmi celles-ci, Gatete a insisté sur la nécessité cruciale de développer des instruments de financement innovants.
Il a cité l'exemple de la République démocratique du Congo, où « la CEA pilote un échange dette-nature-industrialisation - liant l'allègement de la dette à l'investissement dans les chaînes de valeur des batteries et des véhicules électriques ».
Le Secrétaire exécutif a ensuite précisé que « ces approches ouvrent la voie à la viabilité budgétaire et à l'industrialisation verte ».
Une autre action clé consiste à soutenir la Coalition pour une dette durable, dont la CEA assure le Secrétariat. Cette coalition rassemble pays et partenaires « afin d'améliorer l'accès au financement climatique, de réduire les coûts d'emprunt et de renforcer la résilience budgétaire ».
À cet égard, Gatete a appelé à une « participation plus large et à un soutien mondial plus important ».
Selon Gatete, le renforcement des plateformes nationales et de la cohérence des politiques est également crucial pour renforcer la confiance des investisseurs.
Il a évoqué la Carte des investissements en Afrique de la CEA, conçue pour réduire les risques liés aux flux de capitaux et orienter les investissements vers des projets bancables et à fort impact.
Enfin, Gatete a souligné la nécessité d'approfondir les marchés financiers nationaux et d'améliorer les notations de crédit souveraines.
Il a affirmé : « Nous pensons qu'il est impératif que l'Afrique renforce sa résilience de l'intérieur, tout en recherchant la solidarité mondiale. »
En conclusion, Gatete a réitéré que « le développement durable ne peut attendre » et que « les solutions existent ».
Il a souligné que ce qui est véritablement nécessaire, c'est « la volonté politique, la coordination et le partenariat pour atteindre des résultats à grande échelle ».
Il a affirmé la volonté de la CEA de collaborer avec vous pour concrétiser ces priorités en faveur de nos populations et de notre planète.