Sénégal: La Cour suprême annule la suspension imposée à un média en ligne

communiqué de presse

La Cour suprême du Sénégal a révoqué la décision de suspension émise par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique à l'encontre du média en ligne Public SN.

Le 12 juin 2025, la Cour a statué en faveur de la directrice de Public SN, Aissatou Diop Fall, qui avait contesté la directive ministérielle du 22 avril ordonnant au média de cesser toute activité de diffusion, de publication et de partage de contenus.

Cette suspension s'inscrivait dans une vaste opération de répression initiée par le ministre Alioune Sall, visant les médias jugés non conformes au code de la presse sénégalaise. Elle faisait suite à une évaluation conduite par la Commission d'examen et de validation des entreprises de presse, laquelle avait déclaré plus de 381 organes non conformes.

À la suite de cette directive, plusieurs médias, dont Public SN, avaient reçu des notifications officielles de cessation d'activités. Le 28 avril, Aissatou Diop Fall a interjeté appel devant la Cour suprême, affirmant que son organe de presse avait soumis l'ensemble des documents requis conformément à l'article 178 du code de la presse, et était donc en règle.

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Son avocat, Me Abou Dialy Kane, a confirmé que la Cour suprême a statué en faveur de sa cliente, bien que l'arrêt officiel ne soit pas encore disponible.

Réagissant à cette décision, Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a déclaré :

« Les conséquences de cette mesure ont été dramatiques pour les médias contraints de fermer et de licencier des dizaines de travailleurs. Une première tentative de recours en référé avait échoué pour vice de procédure. Avec cette nouvelle décision, justice est rendue. »

La Fondation des Médias pour l'Afrique de l'Ouest (MFWA) a salué la décision de la Cour suprême, qu'elle qualifie d'« encourageante et rassurante », car elle redonne espoir aux nombreux médias également contraints de suspendre leurs activités.

Le fait qu'un média en règle ait été sommé de fermer soulève de sérieuses interrogations sur la crédibilité de l'évaluation menée par la Commission. La MFWA appelle le ministre Alioune Sall à s'inspirer de cette décision et à faire preuve de retenue dans l'application de sa directive.

Elle recommande également la suspension immédiate des sanctions en cours et préconise un dialogue inclusif avec les organes de presse concernés en vue de mettre en oeuvre un plan concerté de mise en conformité. Par ailleurs, des initiatives de renforcement des capacités devraient être envisagées pour améliorer le professionnalisme dans le secteur.

Fermer plus de la moitié des médias du pays revient à priver une large partie de la population sénégalaise de son droit à l'information et à l'expression dans le cadre des débats locaux et nationaux.

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