Au Bénin, inculpé le 12 juin 2025 pour « harcèlement par le biais d'une communication électronique et publication de fausses nouvelles », le jeune écrivain Julien Kande Kanssou, militant du parti d'opposition Les Démocrates a comparu mardi 1er juillet devant la Cour de répression des infractions économiques (Criet). C'était la première audience et les juges ont ouvert tout de suite les débats. Le prévenu a été interrogé sur ses écrits incriminés en présence de ses trois avocats.
Les débats ont duré moins d'une heure, mais cela a suffi pour connaitre et comprendre les faits. Sur les réseaux sociaux, Julien Kandé Kanssou avait appelé à une « révolution électorale » pour les rendez-vous électoraux de 2026.
À la barre, les juges lui demandent une explication de texte, ils veulent également savoir de qui il parle quand il écrit que, « au Bénin, quelqu'un détient le monopole de tout ».
Verbe clair
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C'est droit dans le box, le verbe clair, qu'il fait ses réponses. Sa révolution électorale est, selon lui, un appel à une forte mobilisation des électeurs pour éviter le faible taux de participation enregistré en 2023, il était historique, 38 % seulement. À propos du détenteur de monopole, il affirme n'avoir nommé personne et poursuit « si quelqu'un se sent visé, qu'il se manifeste, je suis prêt à lui présenter des excuses ».
La suite est un peu tendue. Il s'adresse à la cour et demande : « qui me poursuit » ? Il est tout de suite recadré : « Vous êtes ici pour répondre aux questions, pas pour en poser ».
Larmes
Selon Me Renaud Agbodjo, le procès n'avancera pas davantage : « La cour a reporté le dossier au 14 octobre 2025 pour la continuation des débats. Nous, de la défense, nous étions prêts à plaider le dossier, mais la cour a estimé que l'instruction à la barre devait se poursuivre ».
Au moment où la garde pénitentiaire le ramenait à la prison civile de Ouidah, son lieu de détention, son épouse présente a alors craqué et a fondu en larmes.