Ile Maurice: La nouvelle direction de la MSAW réinvente-t-elle l'eau chaude ?

Il y a quelques semaines, dans une déclaration à l'express, Tinagaren Govindasami, nouveau directeur de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), annonçait la fin du catch and kill à Maurice. Une prise de position forte, saluée comme une rupture avec une méthode longtemps critiquée pour sa cruauté. Mais selon une source anonyme, engagée envers la cause animale, cette annonce passe sous silence une réalité déjà bien entamée. «Le catch and kill avait déjà été arrêté depuis 2020...», affirme-t-elle.

D'après un rapport interne couvrant la période 2022-2024, la politique de mise à mort systématique des chiens errants avait formellement été abandonnée sous la direction précédente, soit celle de Julien George. Le projet de transformation du modèle de gestion reposait déjà sur des stratégies telles que le Catch-Neuter-Release (CNR), le voucher system pour la stérilisation gratuite et des campagnes de sensibilisation à l'échelle nationale. «Les fondations ont été posées. Ce que nous observons aujourd'hui, c'est une continuité et non une révolution», nous indique cette source.

Selon cette même source, le véritable enjeu aujourd'hui n'est pas de tout recommencer, mais de poursuivre ce qui a déjà été lancé. Le Budget 2025-2026 n'a prévu aucun financement supplémentaire pour étendre les actions existantes. Aucune enveloppe n'a été allouée à la construction d'un hôpital vétérinaire ni au déploiement d'une clinique mobile, pourtant identifiés comme des besoins urgents. Par ailleurs, la nouvelle direction de la MSAW semble désormais privilégier l'option du sheltering - placement des chiens capturés dans des refuges - à leur remise en liberté après stérilisation.

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Ce revirement inquiète les acteurs sur le terrain. «Il n'y a aucune mesure budgétaire pour les nouveaux refuges annoncés. Donc, que fait-on réellement pour contrôler la population canine ? Et que fait-on des chiens capturés ?», interroge notre source. Elle rappelle que le sheltering, s'il n'est pas correctement encadré et financé, peut aggraver la situation. Les refuges risquent la surpopulation, les conditions de vie peuvent se dégrader et les coûts exploser. Le risque, selon elle, est de revenir en arrière, malgré les efforts déjà accomplis.

Parmi les priorités urgentes qu'elle identifie : finaliser le recensement des chiens errants, rendre effectif l'enregistrement obligatoire des animaux domestiques, créer un service vétérinaire d'urgence et atteindre les régions encore mal desservies avec l'aide de cliniques mobiles. «Le travail de fond a été fait. Ce qu'il faut maintenant, c'est le poursuivre, avec des moyens clairs et une vision à long terme», conclut-elle, et non pas remettre en avant ce qui a déjà été mis en place, simplement pour redorer l'image d'une institution (fragilisée).

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