Au Soudan, l'alliance Tasis a annoncé mardi 1er juillet la formation d'un conseil de gouvernance. Cette coalition de groupes armés, de partis politiques et d'organisations de la société civile, alliés des paramilitaires des Forces de soutien rapide, avait été lancée en février à Nairobi, au Kenya. Son objectif : former un gouvernement parallèle à celui de Port-Soudan, où s'est installée l'armée régulière depuis le début de la guerre, il y a deux ans. Avec cette alliance, les paramilitaires du général Hemedti tentent de gagner du terrain sur le plan politique face à son rival, le général Abdel Fattah al-Burhan.
L'annonce a été faite en grandes pompes à Nyala, capitale de l'État du Darfour du Sud. Le conseil de gouvernance de l'alliance Tasis est composé de 31 membres. Sans surprise, le général Mohamed Hamdam Daglo, alias Hemedti, en a été nommé président.
Son vice-président est Abdel Aziz Adam al-Hilu, chef du Mouvement de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), un groupe armé des États du Nil Bleu et du Kordofan du Sud. Longtemps, le SPLM-N a combattu le gouvernement de Khartoum et ses milices janjawid, dont sont issues les Forces de soutien rapide (FSR).
Rallier le SPLM-N « est un accomplissement majeur, confie à RFI Hasbelnabi Mahmoud, président du Mouvement de libération du Soudan et membre de la direction de Tasis. Le général Hemedti a exprimé des positions claires sur la nécessité de fonder un État laïc et démocratique pour tous les Soudanais, sans discrimination de couleur. »
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Après l'adoption d'une charte en février, il aura fallu plus de quatre mois pour que Tasis annonce enfin son conseil de gouvernance, en raison de « divisions internes », selon une source proche de l'alliance. Reste maintenant à définir quelle sera la capitale du gouvernement que souhaite former Tasis.
