Madagascar: Interruption thérapeutique de grossesse - Le pays campe sur sa position restrictive

Le gouvernement malgache maintient sa position interdisant l'interruption thérapeutique de grossesse (ITG). La dépénalisation de cette pratique figurait parmi les 237 recommandations adressées à Madagascar lors de l'Examen périodique universel (EPU) tenu en janvier dernier devant le Conseil des droits de l'homme (CDH) des Nations unies, à Genève. Lors de la phase finale de cet EPU, hier, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Benjamin Rakotomandimby, a cité cette recommandation parmi les 28 que la Grande Île a décidé de ne pas mettre en œuvre. Il a justifié cette décision en rappelant le cadre juridique en vigueur.

« À Madagascar, l'avortement constitue une infraction réprimée par le Code pénal », a-t-il déclaré devant le Conseil.

Il convient également de rappeler que, sous la précédente législature, une proposition de loi relative à l'ITG avait été introduite à deux reprises à l'Assemblée nationale, en 2017 puis en 2022. La dernière initiative en date avait été portée par la députée de Tsihombe, Masy Goulamaly.

Après avoir fait l'objet d'observations au niveau du gouvernement, le texte avait été renvoyé à la Chambre basse pour une possible inscription à l'ordre du jour en 2022.

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Incompatible

Toutefois, la conférence des présidents a finalement décidé de l'écarter, estimant qu'il n'était pas compatible avec la culture et les valeurs malgaches.

En dehors du cadre parlementaire, plusieurs prises de position publiques ont également contribué à freiner l'adoption d'un tel projet. Parmi les opposants les plus notables figuraient les responsables religieux réunis au sein du Conseil oecuménique des Églises chrétiennes à Madagascar (FFKM) ainsi que la Conférence des évêques de Madagascar (CEM), qui ont exprimé leur désaccord avec toute initiative visant à légaliser l'ITG, jugée contraire aux références culturelles malgaches et aux principes du christianisme.

Au début de l'année, la députée élue dans le district de Farafangana et présidente de la Commission juridique à l'Assemblée nationale, Raby Savatsarah, avait exprimé son intention de relancer le débat à travers une nouvelle proposition de loi sur l'ITG. Mais cette annonce est restée sans suite puisqu'à quelques jours de la clôture de la première session ordinaire, aucun texte en ce sens ne figurait encore à l'ordre du jour de la Chambre basse.

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