Cameroun: Erik Essousse sur CRTV - Listes électorales, diaspora, résultats et ONU - Les controverse

3 Juillet 2025

La récente intervention d'Érik Essousse, Directeur Général d'ELECAM, sur la CRTV a suscité débats et interrogations. Son discours, qualifié d'intriguant par les observateurs politiques, aborde quatre axes majeurs du processus électoral camerounais avec des positions qui divergent des attentes de l'opposition et de la société civile.

Concernant la liste électorale nationale, Essousse a clairement indiqué qu'ELECAM ne procéderait pas à son affichage physique, contrairement à l'exigence de l'article 80 du code électoral. Cette décision, justifiée par des impératifs logistiques selon lui, est perçue comme un déni de transparence par les partis d'opposition. Ceux-ci y voient une entrave au contrôle citoyen des inscriptions, pourtant crucial pour la crédibilité électorale. Le directeur argue que des mécanismes alternatifs de vérification seront déployés, sans toutefois préciser leur nature.

Sur le volet des inscriptions diaspora, le DG a fixé une condition stricte : seuls les Camerounais en situation régulière dans leur pays d'accueil pourront s'inscrire. Cette exclusion des résidents irréguliers, bien que juridiquement défendable, risque de priver des milliers de citoyens de leur droit de vote. Essousse souligne que cette mesure vise à "protéger l'intégrité du processus", mais des voix s'élèvent pour dénoncer une marginalisation politique des communautés expatriées fragilisées.

La publication des résultats le jour du scrutin a été abordée sous un angle inédit. Essousse a affirmé que chaque candidat aura accès à ses propres résultats locaux et pourra les diffuser librement. Si cette approche semble promouvoir la transparence, elle ouvre la porte à des déclarations parallèles et potentiellement contradictoires, risquant de nourrir des contestations post-électorales. L'absence de protocole centralisé pour la consolidation des données suscite l'inquiétude.

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Enfin, face aux rumeurs d'accords opaques avec l'ONU, le directeur d'ELECAM a levé le voile : l'organisation a sollicité elle-même l'assistance technique des Nations Unies pour "renforcer la légitimité" du scrutin. Cette collaboration, présentée comme un gage de sérieux, est accueillie avec scepticisme par l'opposition. Certains y décèlent une tentative de blanchiment international d'un processus critiqué localement.

Ces annonces interviennent dans un contexte électoral tendu, où la confiance dans l'institution dirigée par Essousse reste un défi. La non-application de l'article 80, les restrictions sur la liste électorale nationale, et la gestion décentralisée des résultats interrogent sur l'équilibre entre pragmatisme administratif et exigences démocratiques. La crédibilité des prochaines élections camerounaises dépendra de la capacité d'ELECAM à concilier efficacité et transparence incontestable.

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