C'est un coup de filet spectaculaire que vient de réaliser INTERPOL dans le milieu de la criminalité pharmaceutique. En effet, l'organisation internationale de police criminelle a lancé une opération mondiale contre les faux médicaments, avec le concours d'environ 90 pays dont le Burkina Faso.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la moisson a été très bonne. L'opération a notamment abouti à l'arrestation de 769 personnes suspectes à travers le monde, le démantèlement de 123 groupes criminels, la saisie de 13 000 plateformes de vente en ligne de faux médicaments, et plus de 28 milliards de francs CFA de produits pharmaceutiques illicites saisis.
En ce qui concerne le Burkina Faso, ce sont 816 000 comprimés qui ont été saisis. C'est ce qu'a révélé la Police nationale en début de semaine. C'est avec soulagement et beaucoup de satisfaction que j'ai appris cette bonne nouvelle. Parce que cette importante opération contribuera, à coup sûr, à assainir un tant soit peu, un milieu fortement pollué par des pratiques mafieuses entreprises par des individus qui ne cherchent qu'à se remplir les poches au mépris de la santé des autres.
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C'est tout à l'honneur d'INTERPOL et ses partenaires respectifs dont il convient de saluer l'oeuvre salvatrice. C'est également l'occasion idéale d'inviter tous les acteurs à ne pas baisser la garde, à poursuivre le combat qui est loin d'être gagné. En effet, la prolifération des faux médicaments est un phénomène qui a pignon sur rue, surtout dans nos pays.
Les médicaments de rue sont vivement déconseillés par les professionnels de la santé
La saisie de 816 000 comprimés illicites dans le nôtre, dans le cadre de cette opération mondiale, est un petit indicateur qui témoigne de l'ampleur du fléau sous nos tropiques. Et honnêtement, ce chiffre ne m'étonne guère. C'est même la partie visible de l'iceberg. Comment peut-il en être autrement dans un pays où les gens préfèrent se soigner dans la rue plutôt que dans les hôpitaux?
La rengaine, on la connaît : « Les médicaments de la rue sont moins chers et faciles d'accès ». Si fait que pour des céphalées ou pour un rhume, on préfère se rendre chez le boutiquier du quartier, plutôt qu'à la pharmacie du coin. Ainsi, on achète des produits qu'on ingurgite sans aucune prescription médicale. Voyez-vous? Il faut que les gens sachent raison garder. La pauvreté ne peut pas justifier certains comportements, surtout quand il s'agit de notre santé. Et si les médicaments de rue sont vivement déconseillés par les professionnels de la santé, c'est pour le bien-être de nos populations.
En effet, ce sont des dangers pour notre santé. Les populations sont donc interpellées. Elles doivent prendre conscience des dangers que ces produits achetés à vil prix, dans des conditions totalement inappropriées, représentent pour leur santé. En achetant ce type de produit, on court le risque d'aggraver son mal plutôt que de le soigner. On peut ainsi acheter la mort en recherchant la guérison. En tout état de cause, tous autant que nous sommes, nous devons arrêter d'acheter les médicaments n'importe où et n'importe comment.
Parce que si le phénomène a prospéré jusque-là, c'est parce qu'il y a toujours eu des acheteurs de ces faux médicaments qui inondent nos rues. Avec un comportement plus responsable et prudent, nous pourrons endiguer ce phénomène qui constitue clairement un problème de santé publique. C'est donc dire que c'est dans la conjugaison des efforts que ce combat contre les faux médicaments se gagnera. Des autorités aux populations, chaque partie doit jouer sa partition.