Sénégal: Deux affaires de violence policière relancent le débat sur l'impunité des forces de l'ordre

Au Sénégal, la tension est vive depuis le début de la semaine à Cambérène, un quartier de la capitale, mais aussi à Rosso au nord du pays après la mort de trois jeunes hommes suite à des interpellations policières. Au point que mercredi, le président Bassirou Diomaye Faye a promis l'ouverture d'une enquête et des sanctions si les cas de violence policières devaient être confirmés.

Sur la route qui traverse la commune de Cambérène, des tas de fils de fer carbonisés, des traces de pneus brûlés sont encore visibles... Par endroit, l'odeur du feu pique encore les narines. Deux jeunes hommes ont été retrouvés morts lundi dans cette commune, ce qui a provoqué des émeutes.

Si la vie a repris son cours, la rage est intacte, nous explique Mansour, 35 ans : « On est toujours en colère, tout ce qu'on veut c'est qu'ils nous disent comment ces jeunes sont morts ! »

Car depuis que Thierno Bâ, 26 ans, et Lamine Dieng, 29 ans, ont été retrouvés morts sur la plage lundi, Cambérène ne dort plus. Dans un communiqué (publié le 1er juillet) la police assure que les deux se seraient jetés dans la mer pour échapper à un contrôle de police (dans la nuit du 21 au 22 juin) et noyés.

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Impossible selon Mansour. « Non, non, ça ce n'est pas la vérité ! Ces jeunes sont nés ici, ils ont grandi au bord de la mer, comment peuvent-ils entrer dans la mer et se noyer, c'est impossible ! La plupart des jeunes ici savent nager... »

Le frère de Lamine, l'une des victimes, confirme que le jeune plombier savait parfaitement nager.

À Cambérène ce sont donc les forces de l'ordre et leurs méthodes qui sont incriminées.

Des méthodes trop violentes, estime Seydina. « Même s'ils ont ramassé les jeunes pour contrôler les pièces d'identité, ils frappent et poussent les gens, ce n'est pas normal ! Tous les habitants de Cambérène attendent les résultats de l'enquête pour nos frères »

Vérité et justice, une urgence pour les habitants du quartier.

Lors des échauffourées des derniers jours, des policiers ont utilisé un jeune homme entravé pour se protéger contre des jets de projectiles. Une scène filmée qui a fait réagir jusqu'au président Bassirou Diomaye Faye qui a demandé l'ouverture d'une enquête et promis des sanctions.

Les résultats de l'autopsie des deux victimes de Cambérène n'ont pas encore été rendu publiques.

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