Au Zimbabwe, l'arrestation de Faith Zaba continue de faire vivement réagir. La rédactrice en chef du journal Zimbabwe Independent a été placée en détention cette semaine, accusée d'avoir insulté le président Emmerson Mnangagwa dans une chronique satirique. Une affaire qui relance les inquiétudes sur la liberté d'expression dans ce pays d'Afrique australe.
La chronique s'intitule « Lorsque vous devenez un État mafieux ». Elle critique les dérives du régime d'Emmerson Mnangagwa, les luttes internes au sein du pouvoir, et l'absence de réformes promises.
Faith Zaba n'en est pas l'auteure -- c'est une rubrique publiée depuis près de 30 ans -- mais elle est poursuivie pour l'avoir validée. La justice lui reproche un « contenu matériellement faux » visant à susciter de l'hostilité envers le président.
Une réaction jugée totalement disproportionnée par Wallace Chuma, maître de conférences en études des médias à l'Université du Cap et ancien rédacteur en chef : « C'est un message d'intimidation qu'on cherche à envoyer : ne dites rien, ne publiez rien. Ils peuvent vous garder en cellule pendant des mois, même sur la base d'une loi qui n'existe plus. »
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La loi utilisée contre Faith Zaba a en effet été jugée inconstitutionnelle en 2013. Et elle n'est pas la seule journaliste visée : son confrère Blessed Mhlanga a été arrêté le 24 février 2025, puis détenu pendant deux mois pour avoir interviewé un opposant.
Wallace Chuma, lui aussi arrêté en 2001, constate une continuité répressive entre les régimes de Robert Mugabe et d'Emmerson Mnangagwa : « En 2001, il y avait plus de journaux indépendants. Aujourd'hui, seul le groupe de Faith Zaba échappe encore au contrôle de l'État. Ce qui n'a pas changé, c'est l'attitude et le message du pouvoir : ne publiez rien qui puisse l'embarrasser. »
Le syndicat des journalistes du Zimbabwe s'est dit profondément préoccupé par la criminalisation du journalisme et réclame la libération immédiate de Faith Zaba.
