Sénégal: Des mareyeurs prônent l'union pour mettre fin à la pêche illicite

Dakar — Le secrétaire général de l'Union patronale des mareyeurs exportateurs du Sénégal (UPAMES), Matar Thiam, a exhorté, jeudi, les acteurs du secteur halieutique à s'unir pour refuser l'achat de produits issus de la pêche illicite et du chalutage.

"C'est le marché qui détermine les changements de comportement. Si les acteurs arrêtent d'acheter des produits de mauvaise qualité issus du chalutage ou de la pêche illégale, l'impact sera plus réel que n'importe quelle mesure administrative", a-t-il martelé.

Il intervenait au cours d'un atelier de sensibilisation des acteurs de la pêche et de plaidoyer sur l'impact négatif des chaluts de fond au Sénégal. Cet atelier est organisé par le Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal, en partenariat avec l'organisation Blue Venture conservation (BVC).

Plusieurs représentants des communautés côtières, de membres de la société civile, des universitaires et des partenaires techniques ont pris part à la rencontre.

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Matar Thiam a rappelé les initiatives portées par l'UPAMES pour promouvoir une pêche durable, notamment la création d'un label pour les produits de la mer, développé en collaboration avec les pêcheurs et autres acteurs de la filière.

"Nous avons même décidé, certains jours, de ne plus acheter certains produits sur les plateformes de vente. Les réactions ont été immédiates. Cela montre la portée de nos décisions collectives", a-t-il souligné.

Il regrette que le Sénégal soit aujourd'hui en retard par rapport à d'autres pays africains dans la régulation du secteur de la pêche.

"Nous avons visité 21 pays. Beaucoup ont tiré les leçons de nos erreurs et réglementent leur secteur. Chez nous, chacun défend ses intérêts égoïstes. Or, c'est ensemble que nous devons agir", a-t-il fait valoir.

Le secrétaire général de l'UPAMES a aussi plaidé pour que les industriels soutiennent financièrement les initiatives de plaidoyer et de sensibilisation menées par les organisations communautaires.

"Si vous êtes forts, nous sommes forts. Et si nous ne prenons pas les mesures qui s'imposent maintenant, le secteur de la pêche est perdu à jamais", a-t-il averti.

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