Burkina Faso: Salon de la mangue - Mûrir la réflexion pour une filière plus juteuse

Les acteurs de la filière mangue sont réunis depuis hier jeudi à Bobo-Dioulasso pour mener la réflexion sur les stratégies à mettre en place afin de donner à cette filière aux multiples potentialités toute la place qui lui revient dans le développement économique de notre pays. C'était dans le cadre de la quatrième édition du Salon de la mangue (SAMA), placée sous l'égide de la chambre de commerce et d'industrie du Burkina et dont l'ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Alassane Ouédraogo.

C'est connu, la mangue fait partie des principaux produits d'exportation du Burkina. Ainsi, cette filière aux multiples potentialités ne cesse d'attirer l'attention des autorités politiques de la transition, résolument engagées dans la lutte pour une indépendance économique et alimentaire. Une chose est sûre, la souveraineté économique tant prônée par les autorités politiques de notre pays passera aussi par la filière mangue, dont la production occupe plus 33.000 hectares dans les trois principales régions concernées que sont les Hauts-Bassins, les Cascades et le Centre-Ouest.

Avec plus de 15.000 producteurs pour une production totale estimée à environ 35.000 tonnes par an, la filière mangue a enregistré, en 2023, des recettes d'exportation (mangue fraîche et mangue séchée) estimées à plus de 16 milliards de FCFA. Des chiffres qui peuvent connaître une nette amélioration, selon l'interprofession de la filière mangue, pour peu que les préoccupations des acteurs soient prises en compte.

C'est dans un tel contexte que s'est ouvert hier à la maison de la Culture Anselme-Titianma-Sanon de Bobo-Dioulasso ce quatrième salon de la mangue. Et le thème de cette édition, à savoir « diversification, innovation et compétitivité : une nouvelle dynamique pour la filière mangue au Burkina Faso », en dit long sur l'ambition des participants de donner à cette filière la place qui lui revient dans le développement économique de notre pays.

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Pendant trois jours environ, producteurs, transformateurs et acheteurs de la mangue vont mener la réflexion sur des thèmes bien précis et répondant surtout à leurs préoccupations du moment. Des préoccupations qui se résument au vieillissement et à la faible productivité des vergers et aussi à la faible qualité des mangues.

Les infestations des mouches de fruits ou encore l'insuffisance des traitements sont encore des difficultés qui minent le bon développement de la filière. Un autre problème, et pas des moindres, soulevé par le président de l'interprofession au cours de son discours est la cherté du gaz butane. Une malheureuse situation qui a occasionné, dira-t-il, la fermeture de près de 40% des unités de transformation, des pertes d'emplois et la pourriture de stocks de mangues.

Yaya Koné a, dans la foulée, plaidé auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabé de l'extérieur, ainsi que de celui de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, respectivement président et parrain de l'évènement, pour un accompagnement des unités de transformation dans l'utilisation du gaz butane à travers des prix subventionnés par l'Etat durant une période bien déterminée de la saison allant d'avril à juillet, soit 120 jours maximum.

Une chose est sûre, ce quatrième salon de la mangue s'annonce décisif pour les acteurs de la filière, lesquels vont, au cours des travaux, échanger sur des thèmes comme « la coopération internationale et opportunités économiques pour la filière mangue : conditions d'entrée des produits à base de mangue dans les marchés de niche » ou encore « technologies et solutions existantes pour une efficacité énergétique des unités de transformation de mangue ».

Avec la participation de pays de la sous-région comme le Mali et le Niger, on peut dire que ce quatrième salon sera sans nul doute celui des résolutions et des recommandations pour une filière plus avantageuse. Pour sa part, le président de la chambre consulaire, Roland Sow, a salué les nombreuses performances de la filière, qui placent le Burkina au premier rang des exportateurs de mangues en Afrique et au septième rang mondial. Il a, par conséquent, donné des assurances sur la disponibilité de son institution à s'engager pour une filière mangue plus performante.

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