Cameroun: Crise politique au pays - Echec des négociations entre l'UNDP de Maigari et le gouvernement

4 Juillet 2025

La scène politique camerounaise traverse une période de turbulence inédite. Après l'annonce surprise de la démission de Tchiroma Bakary, le parti au pouvoir, sous la conduite du Premier ministre Joseph Dion Ngute, a engagé des pourparlers urgents pour dissuader Bello Bouba Maigari, président de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), d'emprunter la même voie.

Ces discussions ont pourtant échoué, fragilisant la coalition gouvernementale. La condition non négociable posée par Maigari une audience directe avec le président Paul Biya avant le comité central de l'UNDP prévu le 28 juin n'a pas été satisfaite, révélant des fractures profondes au sein de l'échiquier politique.

Cet échec diplomatique survient dans un contexte de tensions croissantes. L'absence de dialogue entre le chef de l'État et le leader historique de l'UNDP, troisième force politique du pays, soulève des questions sur la stabilité de l'alliance au pouvoir. Maigari, figure respectée dans le Grand Nord, réclame depuis des mois une reconnaissance accrue de son parti dans les prises de décision nationales. Son exigence d'une rencontre préalable avec Biya était perçue comme un test de légitimité avant un congrès décisif pour l'orientation future de l'UNDP.

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Les analystes y voient un signal alarmant pour le régime. Le refus d'accorder cette audience pourrait précipiter un réalignement politique majeur. Si l'UNDP quittait la majorité présidentielle, cette crise politique Cameroun déstabiliserait l'équilibre des forces à Yaoundé, affaiblissant le gouvernement face à une opposition revigorée. Cette rupture potentielle intervient alors que le Cameroun prépare des élections locales sensibles et négocie un plan économique avec le FMI.

Le silence du palais présidentiel contraste avec l'agitation médiatique. Des sources proches de l'UNDP confirment que Maigari maintient sa position : sans geste fort de Biya, le comité central voterait un retrait de la coalition. Cette issue menacerait les réformes en cours et isolerait le parti au pouvoir, déjà critiqué pour sa gestion des conflits dans les régions anglophones. L'héritage de stabilité de Biya, au pouvoir depuis 1982, pourrait être remis en cause par cette impasse.

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