Tunisie: Un sport de plus en plus mercantile - Qu'en sera-t-il demain ?

4 Juillet 2025

On dit « Ce n'est pas d'où l'on vient qui compte... mais jusqu'où l'on choisit d'aller ».

Bien entendu, il ne s'agit nullement d'être conservateur, fataliste, ou oiseau de mauvais augure. Mais le fait de parcourir les annonces qui évoquent ces sommes astronomiques que l'on agite devant les dirigeants, les joueurs, les clubs, les organisateurs de grands événements sportifs, ne manque pas de choquer.

Qu'adviendra-t-il du sport demain?

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Cette activité censée être un moyen de resserrer les liens entre les individus d'un même pays, ou de contribuer de manière spontanée à la découverte de l'autre, est-elle devenue un motif de discorde?

Ces sommes inimaginables que demandent des joueurs auxquels on prête le pouvoir de lire l'avenir, ces organisateurs qui font miroiter des dotations invraisemblables qui proviennent de ces compétitions qu'on s'arrache, donnent l'impression que le jour où ceux qui ne possèdent pas assez d'argent pour bâtir ces arènes luxueuses, climatisées, bénéficiant de tout le confort que l'on peut imaginer, ne seront plus que des nations sportives secondaires.

Elles doivent, faute de pouvoir entrer en compétition pour espérer consacrer ce qu'il faut pour espérer organiser, se contenter d'un vulgaire rôle de suiveur, de participant.

Cette succession de compétitions

Les joueurs sont payés maintenant à la minute. Les clubs suivent et ne sauraient refuser cette manne qu'on leur agite, pour les convaincre d'être présents. Pendant ce temps, l'extraordinaire machine de précision qu'est l'être humain suit, essaie de suivre.

L'argent est le meilleur des moyens pour convaincre. Ceux qui se plaignaient, et qui essayaient par tous les moyens d'éviter de libérer leurs joueurs pour qu'ils soient à la disposition de leurs équipes nationales, oublient qu'ils évoquaient la nécessité de reposer leurs effectifs.

Avec cette succession de compétitions à fort enjeu, il y a des équipes qui ne se sont pas reposées depuis la saison passée. Le Real Madrid est en voie de battre son record du nombre de matchs joués en une saison, établi en 2001-2002 qui est de 66 rencontres. L'entraîneur de la Juventus, Tudor, a avoué que dix de ses joueurs ont demandé à être changés. Ils étaient harassés de fatigue.

Et personne ne réagit. Sauf l'association des joueurs professionnels de France qui a compris que les blessures finiront par se déclarer avec ce rythme infernal et cette insouciance dont font preuve les plus grandes équipes du monde.

Un constat qu'émettent ceux qui veillent sur la santé de ces joueurs et qui savent pertinemment que l'issue risque d'être fatale.

Que faire dès lors ? Allons-nous voir la Fifa et les fédérations nationales autoriser les clubs à engager plus de joueurs professionnels ? Cela se traduira forcément par augmenter les budgets, alors que bien des clubs peinent à suivre.

Le football est-il sur la bonne voie? C'est certes un spectacle et il s'agit de présenter ce qu'on a de meilleur, mais il risque de perdre ce qui en a fait un sport... populaire.

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