L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis novembre 2024 et condamné à 5 ans de prison pour atteinte à l'unité territoriale, n'est pas sur la liste des milliers de prisonniers graciés à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance du pays. Il renonce à se pourvoir en cassation. Son comité de soutien ne veut pas perdre espoir.
Beaucoup parmi ses proches ainsi que les autorités françaises espéraient que l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal figure sur la liste des milliers de personnes graciées par la présidence algérienne à l'occasion de la fête de l'indépendance.
Beaucoup espéraient donc un geste du président algérien, sauf que les espoirs sont déçus, du moins pour l'instant. Pas de geste, car cette grâce exclut les personnes « condamnées définitivement », notamment pour « atteinte à l'unité nationale ».
C'est le cas du célèbre écrivain franco-algérien. Boualem Sansal a été condamné à cinq ans de prison pour avoir notamment déclaré, dans un média français d'extrême-droite, que l'Algérie avait hérité, sous la colonisation française, de territoires appartenant jusque-là au Maroc.
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Le verdict a été confirmé, mardi 1er juillet, en appel. L'écrivain franco-algérien, âgé de 80 ans et atteint d'un cancer de la prostate, va donc rester dans sa cellule de la prison de Koléa, en banlieue ouest d'Alger, dans laquelle il est incarcéré, depuis son arrestation, le 16 novembre dernier.
Ses proches espèrent une « grâce humanitaire à titre personnel »
L'annonce en a été faite par ses proches, ce samedi 5 juillet. Boualem Sansal ne va pas se pourvoir en cassation car « il a été condamné deux fois à 5 ans. La preuve est faite que la voie judiciaire est une impasse », explique hors micro un de ses soutiens pour justifier cette décision.
L'objectif est ainsi, selon cette même source, « de mettre le pouvoir algérien devant ses responsabilités » car ses proches espèrent maintenant une « grâce humanitaire à titre personnel ».
« Nous pensons qu'il sera libéré », a estimé, ce samedi, Noëlle Lenoir, la présidente de son comité de soutien international. Selon elle, il est « impossible que l'Algérie prenne la responsabilité de sa mort en prison. »
L'Algérie fête, ce samedi 5 juillet, le 63e anniversaire de son indépendance. Le président algérien s'est recueilli, ce samedi matin, au Sanctuaire du Martyr, à Alger. Dans un message diffusé, vendredi soir, par l'agence de presse algérienne, Abdelmadjid Tebboune a appelé ses concitoyens à« redoubler d'efforts, de dévouement et de vigilance face aux enjeux » et ce, « conformément à l'esprit des nobles principes qui ont guidé nos glorieux martyrs ». Le chef de l'État algérien a choisi de gracier cette année plus de 6 800 détenus.