Madagascar: Les stéréotypes de genre chez les jeunes, une barrière invisible à l'emploi

À Madagascar, les stéréotypes de genre liés aux métiers empêchent les jeunes de se tourner vers certains secteurs porteurs et qui offrent du travail. C'est le cas de milieux où les hommes sont sur-représentés comme les travaux publics ou encore la mode, un univers connoté féminin.

À Antananarivo, lors d'une conférence organisée, jeudi 3 juillet, auprès d'une centaine de jeunes de la capitale - entre 15 et 18 ans, tous vulnérables et en décrochage scolaire - a été l'occasion de penser à une autre voie possible pour le futur.

C'est le cas pour ces deux femmes, l'une est conductrice de travaux, l'autre dirige une équipe de 90 chauffeurs poids lourds pour l'un des géants de la distribution pétrolière sur l'île. Face à l'assemblée, elles prouvent qu'il est possible de trouver sa place dans ces secteurs où les hommes sont sur-représentés, sans omettre pour autant les remarques sexistes subies au travail.

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Leur histoire résonne chez Sedra, jeune homme de 19 ans : « Moi, par exemple, j'ai une soeur qui travaille dans la mécanique et je sais qu'elle est douée, je sens bien que c'est sa passion et que rien ne peut l'arrêter. Donc, ça me fait du bien d'entendre aujourd'hui qu'elle n'a pas à être discriminée », car aussi bien les injonctions familiales que les manuels scolaires encouragent le choix d'un métier selon un genre associé.

Faniriana, 21 ans, veut voir sa génération dépasser ces clichés de genre dans le monde du travail. Il est agent administratif chez Made for A Woman, une entreprise de confection d'accessoires de luxe en raphia : « Un travail, ce n'est pas un genre. Il ne faut donc pas passer à côté du potentiel économique de la mode, simplement parce que c'est, soi-disant, un métier de femme. »

Ouvrir toutes les portes possibles de l'emploi, c'est la mission que se donne, à travers la conférence, Karina Kohl, coordinatrice du centre d'insertion professionnelle de Graines de Bitumes, qui accompagne des jeunes de la capitale confrontés à la rue : « Ce qu'ils ont retenu, ce qu'ils ont l'air de dire... c'est que ce qui est important, c'est surtout construire un projet professionnel qui est en accord avec ce qu'on aime, avec notre personnalité. C'est faire un métier qui nous correspond. »

Il s'agit là d'une démarche novatrice à Madagascar où la majorité des jeunes, par besoin de survie, se tournent vers un métier, par défaut.

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