Madagascar: TVA sur les intérêts - Menace d'une inflation galopante

Les particuliers resteront exemptés de TVA sur les intérêts des crédits, selon le ministère de l'Économie et des Finances. Mais pour l'opinion, cette retaxation des prêts bancaires finira par les toucher, indirectement, à travers ses impacts sur l'économie.

L'État malgache mise sur une manne fiscale de 116,64 milliards d'ariary grâce à la retaxation des crédits. Mais derrière cette décision, présentée comme un simple retour à la normale fiscale, se profilent des effets qui risquent de freiner l'investissement et d'alimenter l'inflation. La ministre de l'Économie et des Finances, Rindra Rabarinirinarison, a clarifié que les particuliers resteront exemptés de TVA sur les intérêts de leurs crédits bancaires. « Soyez tranquilles », rassure-t-elle, indiquant que la consommation finale ne sera pas touchée par cette mesure. Les prêts contractés avant 2025, ainsi que ceux signés entre le 1er janvier et la publication du communiqué officiel, échappent également à la retaxation, conformément au principe de non-rétroactivité.

Frein aux investissements

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Derrière cette exemption affichée se cache toutefois une réalité plus lourde pour le tissu productif : ce sont les entreprises qui devront absorber cette nouvelle charge fiscale, dans un contexte où l'accès au crédit est déjà un frein pour de nombreuses structures. En alourdissant le coût des financements, cette mesure risque de décourager les investissements et de fragiliser un environnement des affaires déjà éprouvé. Le risque est double. D'abord, un ralentissement des activités productives. Ensuite, à terme, une réduction des recettes fiscales si la croissance s'étouffe.

Risque d'inflation à deux chiffres

Par ailleurs, les entreprises n'auront d'autre choix que de répercuter la hausse des coûts sur leurs prix, dans un contexte où les crédits à la consommation, eux, resteront moins coûteux. Certes, il s'agit d'une conjoncture propice à l'inflation, amplifiée par la combinaison d'une consommation soutenue et d'une production pénalisée. Le Gouvernement parie sur une augmentation immédiate des recettes fiscales pour renflouer les caisses de l'État, mais les effets secondaires de cette stratégie pourraient être plus coûteux que les 116,64 milliards d'ariary attendus. Derrière la volonté de protéger la consommation, c'est la dynamique de l'investissement, moteur de création de richesses et d'emplois, qui risque de s'essouffler.

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