En Tunisie, la compagnie aérienne nationale est de nouveau sous les feux des projecteurs après que le président de son conseil d'administration a été démis de ses fonctions. Ce limogeage intervient après de nombreuses perturbations dans les vols ces derniers jours, qui ont provoqué le « mécontentement de l'opinion publique », d'après le communiqué du ministère des Transports. Cette décision intervient dans un contexte où le président Kaïs Saïed a fustigé à de multiples reprises l'administration et les institutions qui « épuisent les finances publiques », selon ses mots.
Chaque été, la compagnie Tunisair fait l'objet d'une vague de mécontentements, soit à cause de l'augmentation des prix des billets d'avion, soit à cause des retards et des perturbations. Ces problèmes sont souvent amplifiés sur les réseaux sociaux où de nombreux Tunisiens, notamment ceux issus de la diaspora, partagent leurs mésaventures avec la compagnie nationale aérienne.
La compagnie Tunisair en crise
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Cette fois, le ministère des Transports de la Tunisie a voulu frapper fort, car il estime qu'une partie des causes de la crise de Tunisair est liée à des problèmes de corruption financière et administrative. La compagnie accumule les pertes financières depuis des années et connaît un déficit important. Et ce n'est pas la première fois qu'elle est dans l'oeil du cyclone.
En novembre 2024, quatre hauts responsables ont été limogés après le blocage pendant trois jours de passagers au Canada et quelques mois plus tôt, le PDG de la compagnie Khaled Chelly a été limogé et arrêté sur fond d'une affaire de corruption, abus de pouvoir et usage de faux.
Une purge qui n'en finit pas pour cette compagnie qui symbolise aussi l'image du pays. Il y a un mois, le président Kaïs Saïed avait ordonné la mise en place d'un plan d'urgence de sauvetage immédiat pour l'entreprise aérienne. Il refuse la privatisation de la compagnie car « Tunisair restera une source de fierté nationale », selon ses mots.