Lors de l'émission "Le Duel" sur Canal 2, le Pr Moïse Timtchueng et le Pr Louison Essomba ont exposé deux visions antagonistes du transfert de mandats parlementaires au Cameroun. Timtchueng affirme que l'appartenance politique d'un élu se détermine exclusivement au jour de la convocation du corps électoral : "Un député RDPC rejoignant le MRC devient un élu de ce parti, confortant ainsi son pouvoir". Cette position implique que le mandat suit l'élu dans sa nouvelle formation, redessinant l'équilibre institutionnel.
Louison Essomba conteste cette analyse en invoquant la distinction juridique entre l'article 15 de la Constitution et l'article 121 du code électoral. Selon lui, le premier régit l'exercice du mandat tandis que le second encadre les investitures, rendant impossible un "lien artificiel" entre les deux textes.
"Un élu peut quitter son parti, mais ne peut transférer l'éligibilité car le siège appartient à la formation politique", insiste-t-il, dénonçant une "dictature de la constitutionnalisation des partis". Pour Essomba, les résultats électoraux attribuent des sièges aux partis ("RDPC 5 sièges"), non aux personnalités ("ce n'est pas Timtchueng 5 sièges").
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Ce débat révèle une tension fondamentale dans la démocratie camerounaise : la propriété des sièges parlementaires. La position de Timtchueng favorise la mobilité politique mais risque d'encourager le transfuguisme. Celle d'Essomba protège la stabilité des partis mais limite la liberté d'action des élus.