Gambie: Une anomalie de 1,2 milliard de dalasis découverte dans les états financiers des comptes du gouvernement

7 Juillet 2025

La Commission des Finances et des Comptes Publics (CFCP), présidé par l'honorable Alhagie S. Darboe, a révélé qu'une anomalie de plus de 1,2 milliard de dalasis a été découverte dans les états financiers du gouvernement de la Gambie pour l'année 2020.

L'honorable président S. Darboe a déclaré que les chiffres clés rapportés par le Ministère des Finances « ne correspondent nullement aux registres internes », révélant des créances «surestimées» et des incohérences dans les soldes de trésorerie et de dépôt.

Selon le rapport de la Commission des Finances et des Comptes Publics (CFCP), un examen détaillé et une refonte de la balance générale étendue et des états financiers ont révélé des inexactitudes importantes dans cinq domaines clés, à savoir les notes 7, 15, 17, 20 et 21

Le rapport indique que La note 17 (créances) avait une balance générale étendue (D) de 2.500.199.575,75 dalasis mais l'état financier réel s'élevait à 3.785.660.680,00 dalasis soit une différence de D+1.285.461.104,25 dalasis.

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La note 15 (trésorerie et équivalents de trésorerie) avait une balance générale étendue (D) de 7.273.813.871,58 dalasis, mais l'état financier s'élevait à 7.185.616.180,00 dalasis, d'où une différence de 88.197.691,58 dalasis.

La note 20 (les dépôts) avait une balance générale étendue de 699.950.436,02 dalasis, mais l'état financier était de 564.492.246,26 dalasis, d'où une différence de 135.458.189,76 dalasis.

La note 21 (comptes créditeurs) avait une balance générale étendue de 138.046.993,60 dalasis, alors que l'état financier était de 137.002.000,00 dalasis, d'où une différence de 1.044.993,60 dalasis.

La commission a recommandé que ces chiffres soient réconciliés et corrigés dans les comptes publics de 2021 afin d'éviter toute confusion supplémentaire et de garantir l'exactitude des registres financiers publics.

Le président de la commission a également révélé un autre constat critique : plus de 12 millions de dalasis de fonds publics auraient du être affectés à des lignes budgétaires spécifiques au sein du Ministère de l'Economie et des Finances. Mais ne l'ont jamais été. Les fonds, répartis entre plusieurs codes d'allocation, étaient « inactifs » dans le système au 31 décembre 2020, a-t-il déclaré. « Il s'agit de fonds qui auraient pu être utilisés par d'autres ministères, départements et agences (MDA) » a-t-il précisé.

La commission a exhorté le trésorier général à collaborer avec la direction du budget, et ce, en vue d'enquêter et résoudre rapidement le problème.

La commission a également tiré la sonnette d'alarme sur l'utilisation abusive des virements - mouvements de fonds à l'intérieur du budget - pour créer 20 nouveaux postes au sein du gouvernement. « Ces virements, d'un montant total de plus de 79 millions de dalasis, ont été effectués sans respect des règles financières appropriées, en violation de l'article 29(8) de la Loi sur les Finances Publiques de 2014. »

La Commission des Finances et des Comptes Publics (CFCP) avertit que «ce type de manoeuvre budgétaire sape » la transparence et la responsabilité. Il a recommandé qu'aucun nouveau poste ne soit dorénavant créé en dehors du budget de main-d'oeuvre approuvé, et a appelé le Bureau de Gestion du Personnel (PMO) à mieux planifier.

La commission a également déclaré que le Ministère des Finances n'avait aucunement fourni de documents prouvant que le budget national 2020 avait été préparé conformément aux lignes directrices relatives à la budgétisation par programme. Malgré les demandes des auditeurs, aucun document n'a été présenté, ce qui, selon la commission, « viole » à la fois la Constitution et les Règlements Financiers.

« Si les informations existent réellement, pourquoi n'ont-elles pas été communiquées immédiatement aux auditeurs ? »

La Commission des Finances et des Comptes Publics (CFCP) a donc insisté pour que les documents soient présentés sans délai et a averti que les retards en matière de transparence mettent en cause la crédibilité du processus budgétaire.

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