Ile Maurice: Vers une croissance ralentie de 3,1% en 2025

Ce ralentissement s'explique par contexte mondial difficile couplé à une consommation intérieure modérée et à un recul des investissements privés.

Après une croissance de 4,9 % en 2024, celle de l'année en cours devrait ralentir à 3,1 %, avoisinant la projection du Fonds monétaire international dans son rapport au titre d'Article IV du mois dernier (3 %) et celle de SBM Insights à 3,2 %. Les comptes nationaux, publiés par Statistics Mauritius le 30 juin, attribuent ce ralentissement à un contexte mondial difficile couplé à une consommation intérieure plus modérée et à un recul prévu des investissements, surtout dans le privé.

Certains secteurs continueront toutefois à soutenir l'économie en 2025. Les services financiers et d'assurance resteront le principal moteur, avec une croissance de4 %. Le commerce, les activités agricoles et le transport devraient aussi contribuer à la croissance. Le secteur agricole devrait enregistrer une belle performance, avec une croissance estimée à 7,9 %. Mais cela cache des contrastes : la production de canne à sucre continue de chuter alors que les autres cultures (maraîchères, fruits, élevage) progressent. Le secteur manufacturier (industrie) croîtra modestement pour sa part de 1,9 %. La fabrication alimentaire et le textile redémarrent timidement, mais l'industrie sucrière reste en difficulté.

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Le secteur de la construction, qui avait fortement rebondi en 2024 (+13,3 %), connaîtra une quasistagnation en 2025 (+0,5 %). Pourtant, plusieurs projets sont en cours : logements sociaux, routes, bâtiments publics, drains. Ce ralentissement peut s'expliquer par des retards, des coûts élevés ou encore une baisse de la demande dans certains segments. Quant au tourisme, il reste stable avec 1,4 million de visiteurs projetés cette année, soit le même niveau qu'en 2024. Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration ne croîtra que de 1 %.

La consommation des ménages et du gouvernement augmente moins vite :2,9 %contre 3,9%l'année précédente. Ce qui montre que les Mauriciens dépensent avec plus de prudence dans un contexte de hausse des prix et d'incertitude.

L'investissement en baisse

Le point le plus préoccupant dans ces prévisions reste la baisse de l'investissement, aussi bien public que privé. La formation brute de capital fixe (FBCF), qui mesure les dépenses pour les machines, équipements, bâtiments ou routes, devrait baisser de 3,4 %. Les entreprises privéesréduiraient ainsi leurs investissements de 4,2 %, un signal négatif pour l'avenir. Les investissements publics, eux, seraient presque inchangés. Le taux d'investissement passerait de 20,9 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 19,8 % en 2025.

Ces nouvelles projections montrent que l'économie mauricienne entre dans une phase de croissance plus lente. Certains secteurs continuent à bien performer, comme les services financiers et l'agriculture hors canne. Mais d'autres, comme la construction ou l'investissement privé, montrent des signes d'essoufflement.

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