Cameroun 2025 - L'ombre d'une triade au pouvoir derrière Paul Biya

8 Juillet 2025

La rumeur enfle dans les rues de Yaoundé et sur les réseaux sociaux camerounais. Une phrase revient comme un leitmotiv : "Même s'il ne veut plus, Baboke va annoncer par un tweet, Samuel Mvondo Ayolo ira déposer le dossier et Ferdinand Ngoh Ngoh va gouverner...".

Cette expression populaire traduit une conviction largement partagée : le président Paul Biya, affaibli par l'âge et une santé déclinante, ne serait plus que l'ombre de lui-même, tandis que le pouvoir réel serait exercé par trois hommes occupant des positions stratégiques au coeur de l'appareil d'État.

La Triade de l'Ombre

Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet Civil à la présidence, est perçu comme l'administrateur des réseaux sociaux de Paul Biya.

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Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet Civil, incarne quant à lui la continuité administrative. Chargé de la formalisation des décisions présidentielles, il serait celui qui déposerait le dossier de candidature, transformant ainsi une fiction politique en réalité légale. Son positionnement à la tête de l'administration présidentielle lui confère un pouvoir considérable sur le fonctionnement quotidien des institutions.

Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, représente la colonne vertébrale de ce système. Maître des nominations et de l'appareil sécuritaire, il est considéré comme l'architecte invisible de toutes les grandes décisions avec la complicité de Mme Chantal Biya. Son influence s'étend bien au-delà des murs du palais d'Étoudi, faisant de lui le véritable pilier du régime.

Un Scénario Inquiétant pour 2025

À l'approche de l'élection présidentielle d'octobre 2025, cette configuration pose des questions cruciales sur l'avenir politique du Cameroun. Les rares apparitions publiques de Paul Biya, marquées par une absence notable , contrastent avec la stabilité apparente du régime. Cette dissonance alimente les spéculations sur une possible candidature fictive, orchestrée par cette triade pour maintenir le statu quo.

Les Conséquences d'un Pouvoir Fantôme

La perspective d'une élection organisée par et pour cette garde rapprochée soulève des inquiétudes majeures. D'un côté, elle accentue la défiance d'une population déjà sceptique face à un processus électoral perçu comme verrouillé. De l'autre, elle risque d'aggraver les tensions sociales dans un contexte économique difficile et de crise anglophone persistante.

Alors que le Cameroun s'achemine vers un nouveau scrutin présidentiel, la question n'est plus tant de savoir si Paul Biya se représentera, mais plutôt qui prendra réellement les décisions dans les coulisses du pouvoir. Entre maintien d'un système éprouvé et aspiration au changement, le pays semble pris au piège d'une transition impossible, où l'ombre des hommes l'emporte sur la lumière des institutions.

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