Du 30 juin au 4 juillet 2025, la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) a organisé une formation stratégique en intelligence économique, marquant un virage dans la montée en compétences de ses hauts cadres et agents face à la guerre économique.
Pour conduire cette mission à haute valeur ajoutée, la DGRE a fait appel au Dr Guy Gweth, expert reconnu du domaine, et président du Centre Africain de Veille et d'Intelligence Économique (CAVIE).
Alors que les rivalités économiques prennent des formes de plus en plus complexes - allant de l'espionnage industriel à la manipulation de l'information, en passant par la guerre des normes et la prédation des ressources stratégiques - l'intelligence économique s'impose comme une réponse d'État.
Le choix stratégique d'un instructeur reconnu
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Le choix porté sur le Dr Guy Gweth comme instructeur de la DGRE pour l'intelligence économique et stratégique n'est pas anodin. Fondateur de Knowdys Consulting Group, Responsable du Programme Doing Business in Africa à CentraleSupélec depuis 2013, et formateur depuis plus de 10 ans en intelligence économique et stratégique au sein d'établissements de premier plan tels que l'Ecole de guerre économique de Paris ou l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), le président en exercice du CAVIE incarne l'expertise africaine au plus haut niveau.
A l'ouverture de la session, Jean Pierre Ghoumo, le directeur général de la DGRE a déclaré « Cher Docteur Gweth, votre expertise internationalement reconnue et celle de votre Centre constituent pour nous des gages essentiels de qualité et de pertinence. Concernant ce séminaire, nos attentes sont précises et ambitieuses... ». La mission accomplie par l'instructeur, au-delà des attentes de l'agence, le chef de cette dernière a tenu à délivrer un certificat de reconnaissance au président du CAVIE et lui a réitéré « la gratitude de la DGRE et celle du Cameroun pour le service rendu »
Une initiative dans un contexte d'affirmation
Cette formation intervient à un moment symbolique : le CAVIE célébrera ses 10 ans d'existence le 03 août 2025. Depuis sa création, le Centre accompagne les États et les entreprises africaines dans la compréhension et la maîtrise des rapports de force économiques globaux. Le partenariat avec la DGRE s'inscrit ainsi dans une dynamique d'appropriation nationale des outils de veille, de protection des intérêts stratégiques et de développement de l'influence.
Le Cameroun affirme, par cette initiative, sa volonté d'agir dans l'économie-monde non plus en spectateur, mais en acteur structuré, souverain et influent, comme dessiné par le Docteur Guy Gweth dans son ouvrage « Puissance 237 » paru en janvier 2025.
Les espions de la DGRE s'arment pour la guerre économique
Dans une Afrique où les enjeux économiques sont devenus des terrains d'affrontements feutrés mais redoutables, le Cameroun fait évoluer ses priorités stratégiques. Du 30 juin au 6 juillet 2025, la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) a organisé une formation de haut niveau consacrée à l'intelligence économique. Pour cette session jugée « stratégique », elle a fait appel au Dr Guy Gweth, l'un des experts les plus réputés du continent en matière d'intelligence économique avancée et de guerre économique.
Une montée en puissance discrète mais assumée
Dans les cercles d'influence, peu doutent aujourd'hui que la guerre économique est la forme la plus pernicieuse de conflit moderne : influence informationnelle, prédation d'actifs, espionnage industriel, manipulation de marchés, contrôle des ressources critiques... Les États africains deviennent des cibles - et parfois des relais - dans des rapports de force qui ne disent pas leur nom.
Le Cameroun, qui subit comme d'autres nations la pression des compétitions géoéconomiques, a décidé de ne plus se contenter d'une posture défensive. La DGRE, bras armé extérieur du renseignement camerounais, se dote désormais des compétences nécessaires pour anticiper, détecter et neutraliser ces menaces invisibles.
Au-delà de l'ombre : La DGRE à la lumière des enjeux économiques
Longtemps associée à la veille politique et sécuritaire classique, la DGRE est reconnue pour son excellence opérationnelle dans des domaines plus confidentiels. Cependant, la nature des conflits a évolué. Aujourd'hui, les terrains de conflictualité économique sont devenus prioritaires : désinformation ciblée, opérations d'influence insidieuses, concurrence déloyale autour d'actifs stratégiques, captation de données sensibles, et encerclement normatif. Ces menaces invisibles requièrent une nouvelle forme de renseignement.
Le Directeur Général de la DGRE l'a affirmé sans détour lors de l'ouverture de la session : « La Direction Générale de la Recherche Extérieure, en tant que service de renseignement au service de l'État, se doit d'être à l'avant-garde de cette évolution. Notre rôle traditionnel de veille et d'anticipation doit désormais intégrer pleinement une dimension d'intelligence économique, orientée vers la protection des intérêts stratégiques de notre nation. »
Cette déclaration, publique et affirmée, contribue à démystifier la mission de la DGRE et à en faire un acteur directement lié à la prospérité nationale, une perception nouvelle et cruciale pour l'adhésion publique.
La formation a permis d'initier les participants à l'analyse des offensives économiques contemporaines, à leur traduction concrète sur le continent africain et au Cameroun, ainsi qu'aux outils permettant d'y répondre efficacement. Le développement d'une doctrine nationale, adossée à une stratégie claire, une politique publique cohérente et un plan d'action opérationnel, y a occupé une place centrale.
Les agents ont été formés à l'organisation d'une veille stratégique à 360°, à la structuration d'un dispositif d'intelligence économique propre à l'État, et à la production de contenus analytiques directement exploitables par les décideurs, le tout en parfaite cohérence avec les réalités locales et les exigences d'un État-stratège.
Cette démarche s'inscrit dans un programme de renforcement des capacités des acteurs publics et privés africains plus large, porté par le CAVIE depuis 10 ans. Une décennie durant laquelle le Centre s'est imposé comme un acteur de référence en matière de souveraineté informationnelle sur le continent, avec des partenaires allant de la Présidence togolaise à la Chambre de Commerce du Burkina Faso, en passant par des firmes stratégiques telles que le Port Autonome de Douala ou le groupe SABC.
Guy Gweth, figure centrale de l'intelligence économique africaine
Derrière cette montée en puissance, un nom revient avec insistance : Dr Guy Gweth. Membre de la House of Public Affairs de PSL, fondateur de Knowdys Consulting Group, responsable du programme Doing Business in Africa à CentraleSupélec et à l'EMLyon, l'homme est l'un des architectes de la pensée stratégique du continent africain.
Co-directeur de l'ouvrage collectif L'intelligence économique en Afrique, le professeur Christian Abolo Mbita, représentant du Ministère du Plan et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT), a exprimé son plaisir de se retrouver à quelques mètres du Dr Guy Gweth, « un des pionniers de la discipline en Afrique qui rayonne à l'international », et qui conseille depuis plus d'une décennie gouvernements, entreprises et institutions sur les questions de due diligence, de diplomatie économique, de géoéconomie, de contre-influence et d'intelligence stratégique.
Sa désignation par la DGRE n'est pas anodine : elle traduit une volonté politique claire de se doter de moyens d'action offensifs dans l'arène économique mondiale. Elle traduit également la volonté de l'Afrique de faire confiance à l'Afrique. À l'ouverture, pendant les travaux, comme à la clôture, le Directeur Général de la DGRE a tenu à rappeler que le Dr Guy Gweth est « une valeur sûre du Cameroun (...) un prophète chez lui. »
Il a poursuivi en rappelant combien l'État du Cameroun compte sur son expertise et l'appui technique de CAVIE Cameroun pour la création imminente et la réussite du Centre national d'intelligence économique et stratégique (CNIES) dans le pays.
« Nous souhaitons également, a-t-il déclaré, que le CAVIE nous accompagne dans la structuration progressive du CNIES, en partageant son expérience des meilleures pratiques continentales et internationales. »
Une souveraineté à l'africaine en construction
Dans un monde où l'accès à l'information vaut autant que l'accès aux matières premières, le renseignement économique devient un levier de puissance. Le cas camerounais est emblématique d'un tournant que prennent plusieurs pays africains : celui d'un réveil stratégique face à la guerre économique globale. Le défi reste immense, mais le signal est fort : le Cameroun ne veut plus être le théâtre des influences invisibles, il entend y peser.