En République démocratique du Congo, le procès de l'ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, s'ouvre ce mercredi devant la Cour de cassation. Une audience très attendue, alors que l'ex-garde des Sceaux, connu pour ses critiques virulentes contre les magistrats, se retrouve aujourd'hui face à eux en tant qu'accusé. Contraint à la démission fin juin, il est poursuivi pour un présumé détournement de 19 millions de dollars destinés à la construction d'un complexe pénitentiaire à Kisangani.
Le procureur renvoie Constant Mutamba devant la cour pour une seule charge : le détournement des deniers publics. Il échappe aux accusations d'outrage, d'incitation à des manquements envers l'autorité, d'injure publique et de menace d'attentat pour lesquelles l'Assemblée nationale avait refusé d'examiner la requête du procureur.
Le parquet estime que le ministre a conçu le projet et débloqué les fonds sans le feu vert de la Première ministre, dans le but de les détourner. Bien que l'argent n'ait pas été retiré par l'entreprise bénéficiaire, le procureur évoque un risque réel, évité grâce à la vigilance de la cellule de renseignement financier.
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« Le détournement est établi et nous le prouverons aisément », affirme une source judiciaire, ajoutant selon elle que d'autres infractions, comme le blanchiment, auraient pu être retenues.
Constant Mutamba dénonce de son côté une manigance visant à bloquer les réformes judiciaires et à freiner la riposte contre l'agression rwandaise. Il promet de se battre pour laver son honneur et sauver sa carrière politique. Son entourage parle d'un problème administratif, pas d'un crime.
En tant que garde des Sceaux, Constant Mutamba avait multiplié les critiques contre les magistrats. Il dénonce aujourd'hui un acharnement du procureur général, qui l'appelle à garder sa sérénité.