Les Tshisekedi font-ils partie du problème des minerais qui font à la fois la richesse et le malheur de la République démocratique du Congo ?
La question mérite d'être posée après le dépôt d'une plainte en Belgique contre des proches du président congolais. Elle émane de l'avocat Bernard Maingain, qui a formellement été saisi en justice depuis le mardi 8 juillet dernier.
Ce dossier, lourd de plus de cinquante pages, déposé auprès du procureur du parquet fédéral à Bruxelles, fait suite au rapport de l'ONG DESC d'avril 2025.
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Dans ce document, il était question d'une prédation du clan Tshisekedi, dont une dizaine de membres posséderaient des exploitations minières au Katanga. On y citait pêle-mêle la belle-soeur, le fils, les frères, les cousins et bien d'autres membres de son entourage.
Si la plainte a été déposée à Bruxelles, c'est pour la simple raison que neuf des mis en cause possèdent la nationalité belge. L'actuel rebondissement tient au fait que, depuis trois mois, rien de tangible n'a été fait en RDC pour lever un coin du voile sur cette affaire de dénonciation de faits qui accable la famille présidentielle. Corruption, exploitation illégale des mines, détournement, blanchiment d'argent : ce sont là autant de griefs retenus contre les incriminés.
On peut également s'interroger pour savoir si ce n'est pas la guerre des Grands Lacs, notamment entre le Rwanda et la RDC par l'entremise du M23, qui se déporte du côté de Bruxelles. La question mérite d'autant plus d'être posée que le conseil du collectif katangais, Bernard Maingain, n'est autre que l'un des principaux avocats, qui a représenté des proches et alliés du président rwandais. De là à y voir la main de l'homme mince de Kigali derrière cette procédure, il y a un pas que certains observateurs de la scène sociopolitique de la sous-région ont vite fait de franchir. Justement, cette plainte intervient deux semaines après la signature à Washington de l'accord de paix entre Kinshasa et Kigali, alors que des délégations du gouvernement congolais et de l'AFC/M23 sont à Doha, au Qatar, pour un round décisif des négociations.
Cela dit, il y a un long chemin entre le dépôt de la plainte et la tenue d'un procès en bonne et due forme, compte tenu du statut des personnes mises en cause. Le pouvoir congolais mettrait un point d'honneur à montrer patte blanche dans cette affaire où, de tout temps, les dirigeants de la RDC ont été accusés, à intervalles réguliers, de se sucrer sur le dos de leurs propres compatriotes.
