Kenya: L'opposition riposte aux accusations lancées par le président William Ruto

Mercredi, le chef de l'État a mis en garde ceux qui, selon lui, cherchent à semer le chaos pour renverser son gouvernement avant la présidentielle de 2027. Ces déclarations interviennent deux jours après de violentes manifestations antigouvernementales, qui ont fait au moins 31 morts. Dans l'opposition, plusieurs figures dénoncent une dérive autoritaire du régime et appellent à un dialogue national.

« Dans un pays démocratique, vous ne pouvez pas semer le chaos », a lancé le président William Ruto hier mercredi, lors d'un déplacement dans la capitale Nairobi.

Il a ajouté que « quiconque met le feu aux commerces doit recevoir une balle dans la jambe ». Ces propos ont suscité une vive réaction de l'opposition. Plusieurs figures, dont son ancien vice-président Rigathi Gachagua, appellent désormais au boycott de toutes les entreprises liées au gouvernement, qualifié de « régime hostile ».

Rigathi Gachagua accuse le pouvoir d'avoir orchestré des attaques contre des commissariats pour justifier une répression politique. « Personne ne cherche à renverser votre gouvernement, monsieur le président. Nous voulons vous affronter aux urnes en 2027. Alors, détendez-vous, et arrêtez de crier au complot. Ce discours vous sert à utiliser la loi antiterroriste pour persécuter l'opposition et la communauté Kikuyu. »

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Canaliser la colère dans les urnes

L'ancien Premier ministre Raila Odinga, lui, appelle à un dialogue national d'urgence pour apaiser les tensions. Il dénonce une police « au comportement colonial », qui brutalise selon lui des jeunes manifestants désarmés. Autre voix : celle de Cleophas Malalah, du parti Democracy for Citizens, qui fustige « le sang des innocents versé sur l'autel de la tranquillité nationale ».

Et face à la violence, plusieurs responsables de l'opposition lancent un appel aux jeunes : canaliser leur colère dans les urnes plutôt que dans la rue. Ils les exhortent à s'inscrire massivement sur les listes électorales, pour faire entendre leur voix lors de la présidentielle de 2027.

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