Si la direction de l'entreprise met en avant un argument économique pour justifier sa décision, elle est intimement liée au contexte politique et sécuritaire de l'est du Burkina Faso où la menace djihadiste a poussé les populations à quitter les champs de coton pour aller se réfugier dans les grandes villes.
C'est un coup dur pour les producteurs de coton de l'est du Burkina Faso. La Société cotonnière du Gourma (Socoma), la deuxième du pays, a annoncé, mercredi 9 juillet, la suspension de ses activités et le licenciement de tous ses employés, permanents ou saisonniers, soit près de 800 personnes.
Officiellement, la Socoma a pris la décision d'arrêter ses machines en raison d'un « manque d'activité » depuis trois ans. Un argument économique qui est en fait le résultat d'une situation politique compliquée sur le terrain où la menace djihadiste pousse les populations de la région à fuir les champs. Depuis Fada N'Gourma, une source rapporte en effet qu'« en raison de l'insécurité, les populations se sont déplacées dans les grandes villes » et qu'« il n'y a donc plus de culture du coton ».
Plus de 60 000 exploitations cotonnières affectées
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Une autre proche de l'entreprise confie, pour sa part, que la production de la Socoma a chuté de près de 96 % en 20 ans - baisse par laquelle cette dernière n'est, au demeurant, pas la seule concernée, puisqu'au mois de février dernier, le gouvernement burkinabè a annoncé un recul de 26 % de la production nationale de coton entre les années 2023 et 2024.
Au total, la décision prise par la Socoma, dont la direction affirme « regretter la survenue d'une telle situation » et assure être disponible pour accompagner les travailleurs durant ces « périodes difficiles », va affecter plus de 60 000 exploitations cotonnières.
Installée dans le sud-ouest du Burkina Faso, la première société cotonnière du pays, la Sofitex, elle, poursuit en revanche sa production.