Le Syndicat des travailleurs de l'énergie et de l'eau à Madagascar ou bien le SMARM, par la voix de son conseiller Razafintsalama Fils, déplore la dépendance du pays aux recommandations des bailleurs de fonds pour mener sa politique énergétique.
« Il n'est pas nécessaire de toujours suivre les ordres des bailleurs pour agir », a-t-il martelé. Le syndicat rappelle qu'une politique énergétique nationale existe depuis longtemps, notamment depuis la signature du plan énergétique en 2015 par le ministre Horace Gatien, mais que sa mise en oeuvre a été mal coordonnée. La question posée par le syndicat est claire : pourquoi, malgré des décennies de projets, le problème d'électricité persiste-t-il toujours à Madagascar ?
Le SMARM insiste sur le potentiel énorme des ressources hydrauliques du pays, estimé à 7 800 mégawatts. Selon ses propos, presque tous les cours d'eau ont déjà été étudiés depuis l'époque coloniale, notamment par l'ORSTOM, et plusieurs barrages hydroélectriques comme Andekaleka, Mandraka ou Namorona existent.
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Cependant, le syndicat regrette que « le développement des infrastructures n'ait pas suivi la croissance démographique, obligeant le pays à se tourner vers les groupes thermiques coûteux et polluants, avec un recours intensif au diesel puis au fuel lourd. Cela a fragilisé encore plus la situation financière de la Jirama », a-t-il précisé.
Enfin, le syndicat rejette catégoriquement l'évolution du statut de la Jirama vers une entreprise à participation publique. Il craint une privatisation progressive et alerte sur la perte de contrôle national sur cette entreprise stratégique.
Selon le SMARM, la solution n'est pas dans la vente ou la privatisation, mais dans une gouvernance nationale renforcée « les Malgaches sont capables de redresser la Jirama avec leurs propres moyens », a déclaré le syndicat. Il appelle à une réponse souveraine, structurée, basée sur les compétences locales, pour assurer une énergie durable et accessible à tous.