Bénin: Les Béninois font confiance à la police malgré des préoccupations relatives à l'insécurité, à l'usage excessif de la force et à la corruption

Plus de trois quarts des citoyens approuvent les performances gouvernementales en matière de réduction de la criminalité.

Key findings

  • Six citoyens béninois sur 10 (60%) déclarent s'être sentis en danger en se promenant dans leur quartier au moins une fois au cours de l'année précédente, dont 41% déclarent que cette situation s'est produite « plusieurs fois », « souvent » ou « toujours ». o Quatre citoyens sur 10 (41%) déclarent avoir craint de subir un crime à leur domicile au moins une fois. o Les citoyens pauvres et les résidents ruraux sont plus susceptibles de connaître ces formes d'insécurité que leurs concitoyens plus aisés et urbains. o Ces deux formes d'insécurité se sont intensifiées au cours de la décennie écoulée.
  • Un sur 12 citoyens (8%) déclarent avoir sollicité l'assistance de la police au cours de l'année précédente. Une proportion deux fois plus élevée (17%) de répondants disent avoir eu affaire à la police dans d'autres situations, par exemple à des points de contrôle. o Deux tiers (67%) de ceux qui ont sollicité l'assistance de la police l'ont obtenue facilement, mais 19% disent avoir dû verser des pots-de-vin. o Trois citoyens sur 10 (29%) qui ont eu affaire à la police dans d'autres situations disent avoir dû verser des pots-de-vin pour éviter des problèmes.
  • Environ un tiers (32%) des Béninois déclarent que « la plupart » ou « tous » les fonctionnaires de police sont corrompus, tandis que 56% déclarent que « certains » d'entre eux sont corrompus.
  • Mais deux tiers (67%) des citoyens déclarent faire « partiellement » ou « beaucoup » confiance à la police.
  • La majorité des Béninois déclarent que la police fait « parfois », « souvent » ou « toujours » un usage excessif de la force dans ses rapports avec les présumés criminels (71%) et avec les manifestants (55%).
  • Une petite majorité (54%) de répondants déclarent que la police agit « souvent » ou « toujours » de manière professionnelle et qu'elle respecte les droits de tous les citoyens.
  • Plus de trois quarts (77%) des citoyens approuvent les performances gouvernementales en matière de réduction de la criminalité.

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La police est la principale interface entre le gouvernement et les citoyens, représentant l'autorité de l'Etat à son niveau le plus visible et le plus immédiat. Lorsque les citoyens sont confrontés à des situations de crise ou ont besoin d'assistance, les policiers constituent souvent leur premier contact avec les services gouvernementaux. Les forces de police sont chargées de faire respecter les lois et de protéger les biens et les droits civils des citoyens. Elles sont censées rester accessibles, réactives et professionnelles tout en servant toutes les couches de la société.

La police républicaine du Bénin, créée en 2018 par la fusion de la police nationale et de la gendarmerie sous l'égide du Ministère de l'Intérieur, a du mal à répondre à ces attentes. Elle fait l'objet d'accusations allant de fréquentes extorsions au bord des routes à des brutalités contre les manifestants et les prisonniers, en passant par des exécutions extrajudiciaires, souvent en toute impunité (Département d'Etat des Etats-Unis d'Amérique, 2024 ; Amnesty International, 2019 ; Freedom House, 2025 ; Gain Integrity, 2020).

Cette dépêche fait le point d'un module d'enquête spécial inclus dans le questionnaire Afrobarometer du Round 9 (2021/2023) visant à explorer les expériences et les appréciations des Africains quant au professionnalisme des forces de l'ordre.

Au Bénin, une proportion importante des citoyens - en particulier les citoyens économiquement défavorisés et les habitants des zones rurales - déclarent ne pas se sentir en sécurité dans leur quartier et dans leur maison.

Parmi ceux qui ont eu affaire à la police au cours de l'année précédente, la plupart disent qu'il était facile d'obtenir de l'assistance, mais que les appels à pots-de-vin n'étaient pas rares. La plupart des répondants affirment qu'au moins certains fonctionnaires de police sont corrompus.

La majorité des répondants affirment que la police fait parfois ou souvent un usage excessif de force envers les présumés criminels et les manifestants, et seulement un peu plus de la moitié pensent que la police agit généralement avec professionnalisme et respecte les droits de tous les citoyens.

En dépit de ces préoccupations, la plupart des Béninois affirment avoir au moins « partiellement » confiance en la police et estiment que le gouvernement réalise une bonne performance en matière de réduction de la criminalité.

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