Burkina Faso: Corruption - Le mal est très profond

10 Juillet 2025

Avec les changements qui se sont opérés ces dernières années, au plus haut sommet de l'Etat, j'avais espoir que les choses allaient significativement changer dans le bon sens.

Du moins, en ce qui concerne la lutte contre la corruption. D'autant plus que les autorités ont toujours annoncé et réitéré leur volonté et leur détermination sans faille à lutter contre ce fléau devenu une gangrène pour notre pays et qui nous coûte excessivement cher. L'espoir était d'autant permis pour des milliers de Burkinabè que ceux qui nous dirigent, ont joint l'acte à la parole en prenant des mesures audacieuses et drastiques pour mettre fin à ce mal qui nous ronge depuis des années.

Mais le mal semble profond, très profond même. La douche froide est venue du côté de l'Autorité supérieure de Contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Cette structure qui a fait de la lutte anticorruption et de la bonne gouvernance son cheval de bataille, a rendu public, le 4 juillet 2025, son rapport 2023 sur l'état de la corruption au Burkina Faso.

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Dans ledit rapport, elle relève que l'Etat a subi un préjudice de plus de 150 milliards de francs CFA du fait de cette pratique. Les détails, eux, sont troublants. En effet, l'ASCE-LC indique dans son rapport, qu'il s'agit bien des agents publics, donc des travailleurs payés avec l'argent du contribuable, qui «ont fait perdre» ces gros sous à l'Etat. Une manière bien voilée de dire que ces agents ont volé ou contribué à voler l'argent du peuple. Oui, c'est du vol. Moi fou, je ne vais pas masquer les choses. Et je suis profondément contre ce vocabulaire à géométrie variable.

Il faut sanctionner pour l'exemple

Quand il s'agit de nous les pauvres, on dit les choses sans filtre. Dans le fond, c'est encore plus grave, quand on voit le profil des acteurs impliqués et les procédures par lesquelles cet argent nous a filé entre les doigts. En effet, il se dit que des membres du gouvernement, des élus locaux et nationaux, des agents d'administration, des magistrats, des diplomates, etc., sont tous mouillés.

Quant aux principales infractions pénales détectées par l'ASCE-LC, il s'agit du blanchiment de capitaux, du détournement de biens publics, de l'enrichissement illicite, de l'abus de fonction. Qu'avons-nous pu faire au bon Dieu pour mériter tout ça ? La situation actuelle de notre pays, tout le monde le sait, n'est pas reluisante, à cause de la double crise sécuritaire et humanitaire. En tout cas, l'ASCE-LC a fait sa part du job, en levant le lièvre.

Je tiens d'ailleurs à saluer son courage et sa détermination, ainsi que toutes les autres structures qui mouillent le maillot dans la lutte contre la corruption dans notre pays. Il est aussi intéressant et encourageant de savoir que les Burkinabè sont, de plus en plus, engagés dans ce combat en dénonçant les cas présumés de corruption. Cela dit, il appartient maintenant aux autorités d'agir.

Car, il est écoeurant de constater que les rapports sur l'état de la corruption dans notre pays, se suivent et se ressemblent. Au point qu'on en vient à s'interroger sur leur utilité réelle. On a parfois l'impression que ces rapports, une fois publiés, finissent par se retrouver rangés dans les tiroirs, sans impact apparent. Il faut que ça cesse ! Les plus hautes autorités du pays sont donc interpellées. Il faut sanctionner pour l'exemple.

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