L'affaire secoue les plus hauts échelons de la police mauricienne. Un assistant commissaire de police, également ancien chef de la cellule antiterroriste, a été arrêté le 20 juin et suspendu de ses fonctions. Il est soupçonné d'avoir détourné des primes destinées aux informateurs dans le cadre de la lutte antidrogue. La justice a refusé, jeudi sa remise en liberté provisoire.
Parmi toutes les affaires qui ont terni l'image de la police ces dernières années, celle-ci suscite un malaise grandissant au sein de la population.
L'assistant commissaire de police, Lillram Deeal, est soupçonné d'avoir détourné des primes connues sous le nom de Reward Money -- des fonds réservés aux informateurs de la police notamment et aux policiers impliqués dans de grandes opérations antidrogue.
Ces primes sont censées être encadrées par un protocole strict. Mais selon la Commission contre les crimes financiers (Financial Crimes Commission en charge de la lutte anti-corruption), qui mène l'enquête, elles auraient été utilisées à des fins personnelles.
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85 000 euros découverts sur un compte
Les enquêteurs ont découvert une somme 85 000 euros (de 4,5 millions de roupies mauriciennes) sur un compte du haut gradé de la police, un compte qu'il détient conjointement avec son épouse. Arrêté et suspendu de ses fonctions, Lillram Deeal est resté très évasif durant les interrogatoires. Il a invoqué la loi sur la confidentialité des affaires d'État (Official Secrets Act) pour ne pas répondre aux questions sur l'origine de l'argent. Le suspect fait actuellement l'objet d'une accusation provisoire de blanchiment d'argent, en attendant l'avancée de l'enquête.
Ancien chef de la cellule antiterroriste, il intrigue aussi par ses liens possibles avec d'autres responsables de la police et de l'administration du pays. Plusieurs anciens hauts gradés de la police pourraient être convoqués prochainement.