Tunisie: La multiplication des condamnations d'opposants fait craindre une accélération des procès politiques

Avec les récentes peines de prison prononcées à l'encontre de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, de sa soeur Ramla mais aussi d'une vingtaine de personnalités notamment issues du parti islamiste Ennahdha, les avocats des opposants politiques dans l'attente de leur procès sont inquiets.

Alors que Sonia Dahmani, l'avocate et chroniqueuse arrêtée l'an dernier et déjà condamnée à trois reprises à des peines de prison ces derniers mois, va de nouveau comparaître dans de nouvelles affaires ce vendredi 10 juillet, de récentes condamnations font craindre une accélération des procès politiques avant les vacances judiciaires qui démarrent à la mi-juillet en Tunisie.

En moins d'une semaine, il y en a effectivement eu une flopée. Mardi 8 juillet, une vingtaine de personnalités - dont beaucoup issues du parti islamiste Ennahdha -, ont ainsi écopé de peines allant de 12 à 35 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État dans le cadre du procès dit du « Complot 2 ».

Pour les avocats des opposants dans l'attente de leur procès, ces verdicts sont évidemment très inquiétants. Ils les perçoivent, selon leurs mots, comme un acharnement, d'autant plus que sont venus s'ajouter à cela d'autres événements très symboliques, eux aussi, du durcissement en cours dans le pays.

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Il y a eu d'une part, au début du mois de juin, le déplacement de la majorité des prisonniers politiques les plus connus de Tunisie. Envoyés dans différentes prisons du nord, certains se retrouvent parfois aujourd'hui à plus de 100 kilomètres de Tunis et de leurs familles. Puis il y a eu ensuite la condamnation par contumace à deux ans de prison de la soeur de Sonia Dahmani, Ramla, elle aussi en vertu du décret sur les « fausses nouvelles » émis par le président.

Selon les rapports de plusieurs ONG de défense des droits humains, près de 70 personnes sont ainsi poursuivies pour leurs opinions politiques aujourd'hui en Tunisie. Parmi elles, 40 au moins sont en détention. Les autres, en fuite ou à l'étranger, sont jugées par contumace.

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