Sous les projecteurs du stade Père Jégo, dans un derby maghrébin, une gardienne a tenu son rang. Face à l'Algérie, Soulaima Jabrani a incarné la résilience tunisienne. Un 0-0 final, un match vierge en but mais pas en intensité, doit beaucoup à la lucidité et au sang-froid de sa gardienne.
Elle a tenu bon. Sereine et précise, Soulaima Jabrani a éteint les velléités algériennes jeudi, pour la cinquième journée de la Coupe d'Afrique des Nations Féminine CAF TotalEnergies 2024. Un nul sans éclat pour les spectateurs (0-0), mais un match plein pour la portière de 27 ans. À l'image d'une Tunisie solide, elle a symbolisé cette soirée rugueuse où le moindre espace valait de l'or.
Une main ferme sur le derby
Dans cette opposition de style, l'Algérie a montré davantage de mordant offensif : 13 tirs au total, dont 6 cadrés. Mais à chaque fois qu'un frisson parcourait la surface tunisienne, Jabrani était là, gant ferme et oeil clair. À la 18e minute, déjà, elle s'interposait face à Ghoutia Karchouni, bien servie au point de penalty. Détente sèche, main gauche ferme, et un premier avertissement écarté.
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« Soulaima a donné le ton derrière. Elle rassure tout le bloc. C'est ce qu'on attend d'une gardienne dans ces matches-là», soulignait Kamel Saada, le sélectionneur tunisien, à l'issue de la rencontre. Une manière de saluer une prestation qui a permis à la Tunisie de signer un premier clean-sheet dans ce tournoi, après une défaite 3-0 face au Nigeria (3-0).
Une gardienne sous pression
« Ce genre de match, c'est aussi dans la tête. On n'a pas le droit de trembler dans un derby. On savait qu'on serait testées, alors j'ai essayé d'être la plus calme possible, pour toute l'équipe », glissait-elle après coup, entre deux étirements sur le bord du terrain.
Avec 6 arrêts réalisés, dont deux dans les dix dernières minutes sur des tentatives lointaines signées Boussaha et Boutaleb, elle a signé l'un de ses matches les plus complets sous le maillot national. « Elle a été au niveau de l'événement. Défensivement, c'était solide, et Soulaima en est le socle. » soulignait Kamel Saada en conférence de presse d'après-match.
Un style sobre, mais efficace
Il y a chez Soulaima Jabrani une forme d'économie de gestes. Elle ne plonge pas pour épater la galerie. Elle anticipe, elle lit, elle bloque. « Je ne suis pas spectaculaire, mais je veux être fiable. Mon rôle, ce n'est pas d'être acclamée, c'est que l'adversaire ne marque pas », dit-elle dans un sourire.
Il faut dire que Jabrani a pris de l'épaisseur ces deux dernières années, au point de devenir une pièce centrale du projet de Kamel Saada. « Elle a le mental, la technique et surtout, elle dégage une vraie autorité. Les défenseuses l'écoutent. C'est notre leader silencieuse, » insiste le technicien.
Objectif quart de finale
Avec ce point du nul, la Tunisie reste en course pour une qualification en quarts de finale. Et si l'attaque peine encore à convertir ses occasions, la défense, elle, s'affirme comme le socle d'une équipe qui ne renonce jamais.