Togo: Des élections municipales à enjeux

11 Juillet 2025
analyse

Initialement fixées au 10 Juillet, les élections municipales devront se tenir finalement le 17 du même mois, pour élire les 1.527 conseillers municipaux, parmi lesquels seront désignés les maires des différentes communes du Togo. 

D’ores et déjà, la Cour Suprême du Togo a déjà entamé la formation des acteurs du processus électoral, notamment en ce qui concerne le contentieux, une dizaine de jours après le démarrage de la campagne électorale qui a eu lieu le 1er juillet et qui doit s’achever le 15 juillet 2025 à 00H.

Pour rappel, c’est le deuxième type de scrutin local organisé au Togo depuis 2019, date à laquelle la Commune a été réintroduite dans le cadre de la politique de décentralisation. C’est également la première élection qui survient après la nouvelle Constitution de la 5ème République de 2024, instituant le régime parlementaire.

À coup sûr, l’enjeu n’échappe à personne, et surtout aux acteurs politiques togolais, au regard du mode d’élection du Président de la République au scrutin indirect d’abord, et ensuite, dans la perspective de la bataille pour le contrôle du Sénat et par conséquent d’un pilier du dispositif institutionnel.

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Pour le nouveau pouvoir en place, il est vrai qu'une victoire serait un gage de légitimité non encore érodée par les différentes manifestations violentes intervenues sur la scène politique, à l’origine de plusieurs arrestations d’opposants politiques et de membres de la société civile.

Toutefois, selon certains observateurs, il s’agit aussi de la première épreuve test de l’opposition, après l’installation des nouvelles institutions, notamment le Sénat togolais.

Les conseillers municipaux issus de ces élections vont en effet élire en leur sein les futurs maires, mais aussi les futurs sénateurs, qui disposeront de prérogatives pour élire, au sein du Parlement réuni en Congrès, le Président de la République, pour un mandat de 4 ans, nonobstant leur pouvoir législatif subsidiaire.

Plus que 5 jours avant le bouclage de la campagne électorale, les états-majors sont sur le terrain, et l’épisode des troubles politiques occasionnés par les manifestations de l’opposition et de la société civile contre la nouvelle constitution qui instaure un nouveau régime parlementaire, et contre la hausse du coût de l’électricité, laisse planer une tension perceptible.

Toutefois, il faut reconnaitre la particularité des élections municipales, qui ont l’avantage de faire émerger de nouveaux leaders locaux et parfois issus de la société civile. C’est pourquoi la réforme introduite dans la loi électorale en faveur d’une caution discriminatoire de 25 000 FCFA aux candidates femmes contre 50 000 FCFA pour les hommes pourrait contribuer sensiblement à une hausse de la participation des femmes et à une nouvelle configuration du paysage politique sous la 5ème République. Qui sait ?

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